Leur grève a été suivie, selon le Cnoa, à plus de 90%, L’architecte algérien demande plus de considération

Liberte; le Jeudi 2 Juillet 2015
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Le Conseil national de l’Ordre des architectes (Cnoa) estime que la grève de 24 heures à laquelle il a appelé a été suivie à plus de 90% à travers les 48 wilayas. Son président, Djamel Chorfi, avoue que tous les membres de cette organisation restent mobilisés pour faire aboutir leurs revendications. Il s’agit essentiellement de l’application de l’arrêté interministériel signé entre deux ex-ministres des Finances et de l’Habitat, respectivement Karim Djoudi et Nordine Moussa. À ce jour, déplore M. Chorfi, le document, qui fixe les honoraires des architectes pour les prestations fournies, est bloqué au ministère des Finances.
Il fonde, toutefois, beaucoup d’espoir sur l’actuel grand argentier du pays, en l’occurrence Abderrahmane Benkhalfa, qui a promis de classer ce dossier parmi ses priorités. “Nous n’avons pas l’intention de poursuivre le mouvement de protestation car nous sommes conscients de notre responsabilité dans la concrétisation des projets. Notre action se veut, en revanche, un message que nous voulons faire passer aux responsables concernés”, explique M. Chorfi au cours d’une conférence de presse qu’il a animée hier au siège du Cnoa. Le président du Conseil de l’Ordre déplore le fait que les bureaux d’études (BET) étrangers soient privilégiés en Algérie et payés en devises. Cette situation a contraint l’Algérie de payer la somme de 12 milliards de dollars rien que pour les études des projets identifiés. “Ce qui équivaut au budget de plusieurs pays africains”, ironise M. Chorfi, non sans un brin d’amertume visible clairement sur son visage. Ces architectes étrangers, affirme-t-il, obtiennent des marchés payables en devises et sous-traitent ensuite avec des professionnels algériens en leur donnant des “miettes”. “Cela porte atteint à la souveraineté de l’Algérie”, commente-t-il.
Pour lui, l’architecte qui exerce au Tchad est mieux payé et valorisé que l’Algérien. Djamel Chorfi trouve, également, inconcevable que les études de zones industrielles soient confiées à des BET espagnols, alors que ce travail peut être réalisé par un architecte débutant. Il a dénoncé aussi le fait que l’on continue de lancer des appels d’offres internationaux alors que le premier magistrat du pays, dit-il, exige la primeur de l’outil de production national dans la réalisation des différents projets. Par ailleurs, au cas où les revendications du Cnoa, qui organise la première action de protestation dans l’histoire de la corporation, ne sont pas satisfaites, celui-ci se réservera le droit de tenir des sit-in devant le siège du ministère des Finances.

B. K.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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