Lutte contre le marché informel, L’exemple de Bab El-Oued

Liberte; le Samedi 10 Mars 2012
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Le marché informel a toujours été l’une des préoccupations majeures des autorités de la capitale, même si la lutte contre cette plaie, sans cesse grandissante, est un véritable mythe de Sisyphe. Prenant le taureau par les cornes, la wilaya d’Alger a initié, dès 2005, une opération visant à éradiquer plusieurs points noirs de l’épicentre d’Alger. Il s’agit, faut-il le rappeler, d’une opération inscrite dans un ensemble de mesures visant l’amélioration du cadre de vie des Algérois, avec tout ce que cela implique comme aménagements urbains. Des places publiques, placettes et rues entières ont été “libérées” du squat, du vacarme, de l’insalubrité et surtout de l’anarchie, au grand bonheur des riverains. Ferhat-Boussaâd (ex-Meissonnier), Trois-Horloges, rue Bichat, Réda-Houhou (ex-Clauzel) pour ne citer que ces quartiers du centre, connurent pendant quelque temps un calme relatif. Puis vinrent les manifestations de janvier 2011, obligeant les mêmes autorités à se rebiffer. La paix sociale vaut quand même son pesant de concessions. En un temps record, les mauvaises habitudes ont repris leurs droits. Le moindre pouce de terrain est conquis, marqué et farouchement défendu. La grande artère traversant le quartier de Belouizdad est, on ne peut plus clair, un cas frappant de désolation quotidienne qui ne laisse pas insensible. D’aucuns crient au laxisme des pouvoirs publics, d’autres montrent du doigt la police “qui ne fait pas son travail.” Une petite enquête nous a pourtant permis de faire le distinguo et déterminer pour chaque partie la responsabilité qui lui incombe. D’un côté, on ne peut occulter la position d’un bon nombre d’élus qui font de cette situation un investissement certain pour les échéances électorales. Les exemples sont légion. D’un autre côté, les commis de l’État, qui ne tiennent pas à forcer le destin et provoquer l’indésirable. Troisième intervenant, la police ne peut s’impliquer directement que lorsque la décision émane de l’administration locale. Ce qui, conjoncture aidant, n’est pas le cas. Pourtant, à ce registre, certains ont pu bousculer les choses sans pour autant provoquer une quelconque colère. À Bab El-Oued, comme on peut largement le constater, le marché informel est jugulé. Du moins dans la journée. Le chef de sûreté de daïra, le commissaire principal, Abdelghani Derrar, semble très à l’aise sur la question. “À mon installation, il y a six mois, circuler était un calvaire pour les automobilistes et les piétons. Aucun recours à la force n’a été utilisé. Il suffisait de discuter avec des représentants des vendeurs et les convaincre des désagréments qu’ils causent sur la voie publique tout en brandissant la force qui revient à la loi en cas de refus d’obtempérer. Plusieurs rues et ruelles, en passant par la mythique place des Trois-Horloges, ont retrouvé la fluidité d’antan”, dira l’homme qui a fait un long passage au Cavaignac, la sûreté de daïra de Sidi-M’hamed, considérée comme une école en matière de lutte contre la criminalité. C’est presque vrai si l’on excepte les vendeurs de la rue Ahmed-Boudar qui continuent de narguer les policiers sans qu’ils soient inquiétés. “Actuellement, 76 étals ont été recensés au niveau de cette rue. Les petits commerçants y ont été installés provisoirement par les autorités locales après les inondations de 2001. Ce sont les seuls qui y sont autorisés”, explique le chef de sûreté, nuançant quand même que “Bab El-Oued ne dort pas. Dès le départ des policiers, vers 20h, le quartier renoue avec l’informel.” En d’autres termes, il faudrait une armada de policiers et l’instauration du travail par équipe. Néanmoins, l’état actuel est déjà louable au vu d’autres quartiers, sans oublier que Bab El-Oued ce n’est pas de la petite bière. Le fait que les fameuses batailles interquartiers, qui hantent encore la mémoire des habitants de Diar El-Kef et Climat-de-France ne soient plus qu’un mauvais souvenir, est une réussite en matière de lutte contre la criminalité. Ce qui a été fait à Bab El-Oued dans le domaine de l’éradication du marché informel est un exemple à suivre par les autres communes.
AF

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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