Plusieurs responsables impliqués, 44 milliards de marchés fictifs à Asmidal

Liberte; le Samedi 10 Fevrier 2007
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La compagnie territoriale de la gendarmerie de Dar El-Beïda vient d’élucider une grosse affaire de faux et usage de faux, dans laquelle sont impliqués deux hauts responsables et deux agents de maîtrise de l’entreprise Asmidal, direction régionale d’Alger.L’affaire, qui remonte à avril 2005, n’est toujours pas close, selon le capitaine Yacine Azizi qui a animé, hier, une conférence de presse. L’un des mis en cause, à savoir le directeur général (B. M.) ne s’est pas présenté par-devant le Procureur de la République d’El-Harrach lors de la présentation de trois autres accusés, B. I. (commerçant), M. Z. et H. M., respectivement gestionnaire des stocks et facturier de ladite entreprise. Le 17 janvier dernier, le frère du DG a remis au procureur un certificat médical attestant que le responsable était en convalescence suite à une intervention chirurgicale. Ce à quoi le procureur a décidé de le reconvoquer à une date ultérieure.Tout a commencé en avril 2005 lorsque A. M., directeur régional, s’était présenté à la gendarmerie de Dar El-Beïda pour dénoncer une affaire de faux et usage de faux. Les premiers éléments de l’enquête ordonnée par le procureur ne tardent pas à mettre au jour une grave infraction au code des marchés publics.  Un contrat d’achat de produits Asmidal, signé entre un certain B. I., commerçant de son état à Blida, et B. M., directeur général de cette entreprise. Le commerçant s’était présenté au début sous la fausse identité de Madani Rabah, un nom fictif. La transaction portait, selon les aveux du commerçant, sur  2 milliards de centimes. Le contrat a été signé, selon le conférencier, au niveau des bureaux d’Alger (Didouche-Mourad). Et comme l’appétit vient en mangeant, B. I. multiplie ses achats auprès de cette entreprise jusqu’à dépasser 44 milliards de centimes. Pour le “bon client”, l’entreprise lui offre un bonus de… 700 millions de centimes. Les choses auraient pu continuer et atteindre un niveau catastrophique si l’enquête menée n’était pas venue mettre au jour le pot aux roses. les enquêteurs ont beau chercher partout, mais de toutes les transactions ayant trait à cette affaire, il n’y avait pas de moindre trace. Autrement dit, ce n’était que des marchés fictifs. La marchandise sortait “en bonne et due forme”, mais la contrepartie financière prenait des chemins impénétrables. La brigade chargée de l’enquête avise le procureur sur le grave préjudice causé à cette entreprise publique. Notre source n’écarte pas la mise en cause du directeur régional, celui-là même qui a été à l’origine du dépôt de plainte concernant cette affaire qui n’a pas dévoilé tous ses secrets. Dernièrement, M. Z. et H. M. ont été mis en liberté provisoire, alors que B. I. a été placé sous mandat de dépôt par le procureur de la République d’El-Harrach pour faux et usage de faux et évasion fiscale. La deuxième affaire traitée par la même compagnie concerne également le faux et usage de faux dans une histoire de fausse monnaie. C’est sur un coup de téléphone reçu la semaine dernière, dénonçant les activités louches d’un citoyen B. M. (49 ans) avec des ressortissants étrangers, que  l’enquête a été diligentée. Pour mettre tout de suite dans le bain ce dernier, les enquêteurs lui racontent que deux étrangers arrêtés récemment ont fini par le dénoncer. Tout en reconnaissant ses agissements, le mis en cause a, pour sa part, avoué avoir eu une proposition fort alléchante : 2 valises en faux billets qui peuvent être transformés en peu de temps en réels euros. Pour cela la présence d’un certain S. M. né en 1976 à Bamako (Mali) était plus que nécessaire. De l’aveu de B. M., le ressortissant malien possède la potion magique ramenée par le biais de diplomates. Un liquide devant servir à frotter les faux billets pour les rendre vrais. Les gendarmes demandent à B. M. de fixer rendez-vous au Malien. À l’heure convenue, ce fut d’abord une autre personne qui se présenta avant que le trafiquant apparaisse une heure après. La méfiance est mère de toutes les sûretés. Mais pas cette fois-ci. S. M. arrive en taxi et les enquêteurs qui se sont fait passer pour de potentiels acquéreurs lui demandent de leur faire le tour magique. Le premier faux billet est, en effet, transformé après une petite douche du liquide en 100 euros. Le deuxième billet se montre récalcitrant. Encore un autre et un autre. Rien à faire, l’arnaque est aussi évidente que le soleil qui tapait dehors. La valise contenait 1 million d’euros en faux billets que le Malien voulait céder à B. M. pour 300 millions de centimes en monnaie algérienne. Un trafic alléchant pour beaucoup de naïfs, mais qui ne se rendent compte de l’escroquerie que trop tard. Dans cette affaire, les deux mis en cause, B. M. et S. M., ont été présentés la semaine dernière par-devant le procureur de la République qui les a placés sous mandat de dépôt pour faux et usage de faux et immigration illégale (pour le Malien). Ali Farès

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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