Promotion aux fonctions de directeur d’école primaire et d’inspecteur de l’enseignement moyen, Le SNTE revendique une révision à la baisse des critères de sélection

Liberte; le Mercredi 1 Juillet 2015
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Dans un courrier aux termes plutôt menaçants — “dans l’espoir de voir se prolonger la durée de stabilité du secteur”, peut-on lire comme formule de politesse —, le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE), une organisation gravitant autour des formations politiques fondées par Saâd Abdallah Djaballah, a demandé au ministre de l’Éducation nationale de revoir les critères de promotion aux fonctions de directeur d’école primaire et d’inspecteur de l’enseignement moyen.  

En effet, les critères arrêtés en commun accord entre le ministère de l’Éducation et la direction générale de la Fonction publique favorisent, pour les 4 230 postes de directeur d’école primaire à pourvoir, les candidats ayant intégré le corps des enseignants avec des diplômes universitaires, classés dans la catégorie de professeur principal qui ont exercé au moins cinq ans dans leur poste. Idem pour les 552 postes d’inspecteur de l’enseignement moyen qui doivent remplir la condition d’être un professeur de l’enseignement moyen.
Une condition qui élimine ceux issus de la catégorie de professeur de l’enseignement fondamental et qui n’ont pas le niveau universitaire pour la plupart d’entre eux. Ainsi, le SNTE a invité dans sa correspondance dont Liberté détient une copie, la ministre de l’Éducation nationale à revoir ces critères afin de permettre aux instituteurs et aux professeurs de l’enseignement moyen issus de la catégorie de professeur de l’enseignement fondamental, deux catégories en voie de disparition, à se porter respectivement candidats aux concours d’accès aux postes de directeur d’école primaire et d’inspecteur de l’enseignement moyen.
Une revendication qui rappelle les ateliers de l’inénarrable Mohamed Kharroubi qui distribuait, au bout de trois semaines de pseudo-formations organisées dans différentes stations balnéaires du pays dans les années 1980, des titres à des milliers de semi-instruits qui, l’article 120 des statuts du FLN aidant, ont investi des postes à différents niveaux de la responsabilité dans le secteur de l’éducation nationale. Un populisme qui a débouché sur l’échec qu’on sait.
Certes, les critères arrêtés ne permettent pas de drainer de candidatures suffisantes à même de pourvoir tous les postes vacants.
Le ministère prévoit la nomination de chargés de missions pour gérer les établissements scolaires et les inspections en attendant d’avoir des directeurs et des inspecteurs en nombre suffisant. Mais, revendiquer l’investissement dans la formation d’enseignants qui, non seulement n’ont pas le niveau requis pour les postes à pourvoir, se retrouvent aux portes de la retraite, relève aussi du populisme.
Il convient en tout cas de souligner que l’un des axes les plus importants de la réforme du système éducatif porte sur la mise à niveau du corps des enseignants. Des enseignants qui continuent de manifester une résistance farouche au changement, lequel implique un peu plus d’effort de leur part pour assimiler la philosophie de la réforme et maîtriser les nouvelles méthodes de travail. Ils mettent le ministère de l’Éducation, dont la responsabilité est engagée sur les aspects pédagogiques de cette réforme globale engageant plusieurs départements ministériels ainsi que les parents d’élèves, devant sa responsabilité en matière de recyclage des employés du secteur et les critères devant être mis en place pour le recrutement des nouveaux.

L. H.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Lyas Hallas

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