Réponse du ministère de la Culture au collectif Jamiaât Jazaïr, L’université d'Alger classée monument historique

Liberte; le Samedi 4 Juillet 2015
111313

Les appels lancés par le collectif d’universitaires et chercheurs pour la sauvegarde du patrimoine scientifique de l’université d’Alger (Faculté centrale), plus connu sous le nom de collectif d’universitaires Jamiaât Jazaïr, dont celui du 29 juin dernier, lors du Forum de Liberté, ont été entendus par les pouvoirs publics. Du moins en partie.

Dans un communiqué daté d’avant-hier et cité par l’agence APS, le ministère de la Culture a annoncé en effet la classification de l'université d'Alger comme “monument historique”, la présentant comme une réponse “aux appels des anciens de cette université”. Le département d’Azzedine Mihoubi a précisé qu’il a conclu “un accord” avec le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique portant classement de la Fac centrale comme monument historique, sous l'égide du Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Il a, en outre, indiqué que cette opération, inscrite dans le cadre de “la politique du secteur de la culture relative au recensement des sites historiques et archéologiques”, permettra désormais à la Faculté centrale de bénéficier d'un “suivi permanent” de ses services spécialisés dans la restauration, la réfection et le suivi.
La classification de l'université d'Alger comme monument historique intervient près d’une semaine après le dépôt, par les représentants du collectif Jamiaât Jazaïr, de dossiers sur l’état des lieux alarmant du site de la rue Didouche-Mourad, accompagnés de propositions. Une action qui a d’ailleurs permis à ces derniers de rencontrer et de discuter avec les responsables du ministère de la Culture. Le communiqué fait justement référence à cette entrevue, destinée à sensibiliser sur la nécessité de protéger la Faculté centrale d'Alger, mais aussi de veiller à sa restauration et sa classification, de même qu’à la préservation de sa documentation et autres objets scientifiques.
La réponse d’Azzedine Mihoubi ne s’est pas fait attendre, puisqu’elle survient également trois jours après le forum de Liberté, où les membres du collectif Jamiaât Jazaïr ont de nouveau interpellé les autorités du pays et rappelé que nombre de personnalités algériennes et de martyrs de la guerre de Libération nationale y avaient fréquenté les bancs de la première université en Algérie (créée en 1909) ou suivi leur cursus universitaire, à l'instar du président du GPRA, Benyoucef Benkhedda, diplômé en 1951 de cette université qui porte son nom. Et ce, en appelant à la mobilisation pour sauvegarder et classer cet édifice aux dimensions culturel, scientifique et historique, comme “monument historique appartenant au patrimoine national”.
Hier, des universitaires, signataires de la pétition du collectif, ont accueilli l’annonce du ministère de la Culture comme “une première victoire”, d’aucuns estimant que cette décision témoigne de la volonté de combattre “la prédation et le démantèlement de notre patrimoine”. Selon eux, la lutte doit continuer, jusqu’à la réalisation de “l'ensemble muséal espéré”. À ce propos, il est utile de rappeler que l’autre proposition du collectif d’universitaires et chercheurs porte, en effet, sur la création d’un museum sur ce site, pour réduire les dégâts actuels et sauver les collections, les bibliothèques, les appareils de mesure et autres matériels, d’une part, et pour faire de la Fac centrale un centre de rayonnement au cœur d’Alger, puisque la nouvelle institution disposerait d’“une extension vers le public” et serait alimentée par les travaux de recherche des laboratoires des sciences de la vie et des sciences de la terre, de l’autre.

H.A.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Ameyar Hafida

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..