Saisie du navire “Ibn-Khaldoun”, agitation autour de son retour, Cnan-Nord : l’ancien DG assène ses vérités

Liberte; le Jeudi 8 Mars 2012
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L’ancien DG de la Cnan-Nord a battu en brèche les accusations du syndicat. Il estime que la saisie du navire  “Ibn-Khaldoun” et le paiement d’une grosse somme auraient pu être évités si le dossier avait été pris en charge à temps.Pointé du doigt (dans l’affaire de la saisie du navire “Ibn-Khaldoun” et le changement à la tête du groupe) par le syndicat Cnan-Nord dont il a été DG, Abdelhamid Bouarroudj a contesté et démenti les  allégations du  syndicat de la filiale. “N’ayant rien à se reprocher et rien à cacher”,  M. Bouarroudj assène ses vérités, documents à l’appui. Il apporte, lors d’une entrevue, sa version documentée complètement contradictoire avec celle avancée par le syndicat. On ne peut pas être plus méticuleux, il semble maîtriser parfaitement le secteur maritime, en général, et la situation de la Cnan-Nord, en particulier. Commençant par la saisie du navire “Ibn-Khaldoun”, notre interlocuteur révélera que la menace de la saisie était loin d’être une surprise ou un secret pour la filiale. “La saisie pour non-paiement du décompte d’affrètement n’est pas le fruit de l’inactivité du dirigeant principal de la Cnan-Nord qui a le dossier ficelé depuis des mois sur son bureau, mais qui a brillé par son silence”, et ce, bien que “l’avocat de l’entreprise lui ait demandé de régler les montants qui ne souffrent d’aucune contestation et tenter de régler à l’amiable le reliquat”. Autrement dit, si la DG avait réglé le dossier à temps et n’avait pas poussé la compagnie étatique polonaise à l’arbitrage, elle n’aurait payé que 115 880,11 euros. Aujourd’hui, elle est obligée de déposer une caution de 305 988,95 euros dont les frais et pénalités s’élèvent à 70 612,83 euros. Il faut savoir, à ce propos, que la partie polonaise doit, elle aussi, procéder au paiement de 203 837,68 euros. Le document de passation de consignes signé le 23 juin 2011 cite noire sur blanc : “Préparer la restitution du ‘Tichy’ en tenant compte de notre revendication de l’Under performance qui aboutira sûrement sur un contentieux”. Un contentieux qui a éclaté huit mois avec au final une grosse perte financière. S’agissant de la décision d’affrètement du “Tichy”, elle a été prise par un conseil d’administration et non par Bouarroudj. Accusé par les syndicalistes d’avoir “quitté le navire qui coulait”, M. Bouarroudj remettra les pendules à l’heure, en rappelant qu’en 2008 et 2010, il a déposé à quatre reprises sa démission parce que justement il ne pouvait pas travailler correctement. “Il y avait toujours un motif pour bloquer mes tentatives de redressement. Et comme je ne suis pas quelqu’un qui s’attache trop au poste, j’ai pris ma retraite.” Question : que peut bien cacher la montée au créneau du syndicat Cnan-Nord pour faire barrage au retour de M. Bouarroudj ? La réponse à cette question nous renvoie à une autre : pourquoi le CV de Abdelhamid Bouarroudj,  cadre à la retraite depuis le mois de juin 2011, a-t-il intéressé les pouvoirs publics qui comptent remettre de l’ordre dans la compagnie maritime ? Exhibant des documents portant en-têtes d’institutions officielles, notamment le Premier ministère, une source de la compagnie nous dira que “le choix de M. Bouarroudj, qui s’est fait en haut lieu, n’est pas fortuit. Ces documents et autres requêtes et interpellations de diverses institutions officielles sur la situation du secteur maritime, en général, et de la filiale Cnan-Nord, en particulier, signés par M. Bouarroudj prouve si besoin est que son unique souci était le redressement de la compagnie.  Plusieurs rapports sur la descente aux enfers de la filiale ont été adressés à la compagnie mère en 2010 et en 2011”. Le DG ne se contente pas d’énumérer les problèmes, mais d’y apporter les solutions idoines telles que la cession des navires, notamment ceux dont “la navigabilité était très critique”. Mieux, et preuve à l’appui toujours, “le plan de redressement portant d’innombrables mesures qui devaient être appliquées avant le 31 octobre 2011 a été inspiré des propositions faites par ce même cadre aux autorités supérieures du pays”. L’échéance a expiré mais aucune mesure n’a été appliquée à ce jour. Et c’est ce qui explique l’imminence du changement à la tête de la Cnan Group. “Un changement tant redouté par ceux qui se plaisent dans cette situation dont le redressement ne peut se faire qu’avec des cadres qui connaissent le secteur sur le bout des doigts, en l’occurrence Abdelhamid Bouarroudj.” Mais accepterait-il de revenir dans un secteur où il a dû faire face à d’innombrables contraintes et autres bâtons dans les roues ? Ceux qui le connaissent très bien vous diront non, car il n’a jamais voulu être sous les feux de la rampe. Mais sa compétence et sa conscience professionnelles pourraient bien l’y contraindre.
M B

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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