Tamanrasset, Huit blessés dans des affrontements entre tribus

Liberte; le Dimanche 5 Juillet 2015
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La bagarre a failli tourner au bain de sang, n’était la prompte intervention de la gendarmerie. Ces derniers ont fait usage d’armes à feu en tirant des balles en l’air pour disperser les belligérants.

La localité d’Outoul, distante de 20 km du chef-lieu de la commune de Tamanrasset, a été, ce week-end, le théâtre d’une violente rixe entre deux tribus. Les affrontements, qui ont éclaté non loin de la ville, ont fait huit blessés, dont deux grièvement touchés qui demeurent toujours sous surveillance médicale à l’hôpital Mesbah Baghdadi d’Amechouen, a-t-on appris, hier samedi, d’une source locale. Tout aurait commencé lorsqu’un groupe de jeunes issus de la tribu d’Ag-Ahnet, du village d’Isselisken (25 km au nord-ouest de Tamanrasset), a pris à partie deux habitants, dont un policier en civil, de la tribu des Adeg-Ghali (Outoul). “Les assaillants, animés par un sentiment belliqueux, s’en sont pris à eux en leur assénant plusieurs coups de couteau au niveau des membres inférieurs et des épaules”, ajoute notre source. Pour se venger, enchaîne-t-elle, les deux victimes ont vite appelé au renfort et livré une véritable bataille rangée. La bagarre a failli tourner au bain de sang, n’était la prompte intervention de la gendarmerie. Ces derniers ont fait usage d’armes à feu en tirant des balles en l’air pour disperser les belligérants. Les notables de la région ont également été sollicités pour appeler au calme, ajoute-t-on. À la question de savoir quelles sont les véritables causes du conflit, un habitant d’Outoul, contacté par nos soins, a tenu à faire savoir que les affrontements ont éclaté suite à l’attribution de lots de terrain à des ressortissants “étrangers” qui ont étrangement bénéficié du programme d’aide à l’habitat rural destiné initialement aux autochtones. La décision a été énergiquement contestée par les riverains qui ont procédé récemment à la fermeture de la RN1 pour “exiger leur quota et dénoncer cette engeance de courtiers véreux qui se sont investis vraisemblablement dans la spéculation et la concession de terrain à des inconnus”.
De leur côté, les habitants d’Ahnet ont rejeté en bloc l'accusation de leur implication dans ce conflit. Selon eux, “les jeunes qui étaient à l’origine des affrontements ne relèvent aucunement de leur tribu et ils feraient partie des personnes récemment arrivées dans la région”. Pour lever cette énigme et, du coup, connaître les tenants et les aboutissants de l’affaire, une enquête a été diligentée par les instances sécuritaires territorialement compétentes. Rappelons, par ailleurs, que la wilaya avait enregistré un incident similaire en octobre dernier, quand des affrontements ont eu lieu à Fouggaret Ezzoua dans la daïra d’In Salah (700 km au nord de Tamanrasset), à cause d’un conflit tribal.

R.K.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rabah Karèche

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