Tous les produits y sont cédés à des prix hors taxe, Rush sur les marchés de la rahma

Liberte; le Lundi 29 Juin 2015
111253

Mercredi 24 juin, septième jour du Ramadhan 2015. Les marchés dits de la “rahma” installés au siège de l’UGTA et à la Safex (Alger) grouillent de monde. La bousculade devant les étals se prolonge souvent jusqu’à la fermeture. Certains “exposants” sont contraints de baisser rideau avant l’heure, après épuisement de leur stock du jour. Les vendeurs de produits de base (huile, sucre, lait), ceux de fruits et légumes, voire même les bouchers et les vendeurs de poulet et autres viandes blanches arrivent aisément à écouler leur marchandise. La forte demande des citoyens se justifie par les prix raisonnables qui y sont pratiqués. Dans ces marchés autorisés par le ministère du Commerce tous les prix sont en hors taxe. Seuls les producteurs nationaux y sont éligibles. “Consommons national”, tel est le slogan affiché sur tous les stands de ces marchés de circonstance, digne d’une foire nationale. Dans l’intervalle de ce Ramadhan, le peuple se réapproprie (sa) maison, en l’occurrence le siège de l’UGTA appelée “la Maison du peuple”… Rabia, habitante du quartier les Groupes au Champ de manœuvres, est une habituée de ce marché depuis déjà 5 ans. “Je reviens chaque année. J’attends ce mois avec impatience pour y faire mes achats à des prix raisonnables. Pour moi, c’est le meilleur marché que j’ai jamais connu, et je suis davantage enchantée à chaque fois que je reviens ici”, se réjouit-elle.

Prix raisonnables
La viande (fraîche) d’agneau y est affichée à 1 290 DA le kilogramme, le bovin à 900 DA, alors que le surgelé est cédé à 290 DA.
La différence est considérable comparativement au marché ordinaire où la même marchandise est  cédée à des prix largement plus élevés, dépassant parfois les 400 ou 500 DA de différence ! “Diri l’affaire ya m’ra ! (femme, viens faire l’affaire)”, crient certains vendeurs tandis que d’autres, submergés par un rush
de citoyens, n’ont même pas le temps de lever la tête.
C’est le cas des vendeurs, au nombre de quatre, affectés dans le stand d’un fromager bien connu sur le marché national, où les boîtes de camembert sont proposées à (seulement) 170 DA, la grande et 120 DA, la petite.
Les producteurs des pâtes, de couscous et autres produits céréaliers, ainsi que les “brasseurs” de jus de fruits et autres boissons fruitées y sont également présents en force. S’ils pratiquent tous les prix de l’usine (en hors taxe), certains proposent même quelques promotions aux clients. Exemple, un fabricant de jus cède son produit pourtant prisé par les Algériens, à raison de 200 DA les trois boîtes d’un litre. Le prix est cependant fixé selon l’arôme du produit, tous les arômes étant disponibles. Les fruits et légumes ne sont néanmoins pas vraiment bon marché : l’oignon et la pomme de terre à 45 DA ou encore la salade à 40 DA le kilo. La tomate reste l’un des légumes les plus abordables : 30 DA le kilo. Pour les fruits, on citera, entre autres, les dattes à
400 DA le kilo, l’abricot et le cantaloup à
60 DA ou encore la pastèque. Ce qui enchante les clients dans ces marchés “ramadanesques”, c’est surtout la variété des produits proposés. Il y a, en effet, pratiquement de tout. Et cela n’est pas pour déplaire à un confrère venu faire ses emplettes en cette fin de journée du
7e jour du Ramadhan. “Franchement, il n’y a rien à dire, les prix sont raisonnables, les produits disponibles et de bonne qualité”, atteste-t-il heureux de découvrir ce marché, installé à moins de 200 mètre de son lieu de travail
(la Maison de la presse Tahar-Djaout).

Foire du produit national
À la Safex l’engouement n’est pas moins important qu’au marché de la rahma. Ce dernier dispute la réputation, y compris au mythique marché populaire d’El-Harrach. “Certes, il y a pas mal de choses que j’achète la matinée dans mon quartier à El-Harrach, mais je viens presque chaque après-midi ici pour compléter mes achats. Là, on a vraiment l’embarras du choix et à des prix raisonnables”, nous a confié une sexagénaire, en exhibant son panier, bien plein, comme un trophée de guerre. Les marchés de la rahma conçus à la fois pour rendre service aux bourses moyennes à l’occasion du mois sacré et pour promouvoir la production nationale, font aussi l’affaire des jeunes investisseurs ayant bénéficié du dispositif Ansej. C’est le cas d’un jeune fabricant de “diouls”, ce produit très prisé en pareille circonstance pour la préparation des boureks, qui occupe un stand au marché de l’UGTA.
“C’est une très bonne initiative que de nous permettre d’exposer nos produits ici où ça grouille de monde”, exulte ce le jeune investisseur qui a bénéficié du dispositif Ansej, il y a trois ans. Les exposants aux marchés de la rahma ont l’avantage d’être exonérés de toutes les taxes, ainsi que le non-payement des charges, y compris l’électricité alimentant leurs stands… Pour l’État, la rahma  n’a visiblement pas de prix !

F. A.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Farid Abdeladim

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..