Tout en réitérant son appel à une transition négociée, Le MSP redoute un retour aux années 90

Liberte; le Jeudi 2 Juillet 2015
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Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), passé à l’opposition à la veille des législatives de 2012, dans la foulée des révoltes arabes et à la faveur d’un changement à la tête de sa direction, ne dissimule pas ses craintes face à l’évolution de la situation dans le pays et dont les perspectives sont de plus en plus aléatoires.
Dans un communiqué rendu public hier, au lendemain de la réunion de son bureau exécutif, le MSP n’a pas caché ses craintes de voir le pays retourner aux années 90. “Le fait que le gouvernement s’oriente vers l’adoption de la loi de finances complémentaire, à travers une ordonnance présidentielle, et l’ouverture de nouveau du champ à l’endettement constitue une preuve éclatante de l’échec du système de gouvernance empruntée durant les quinze dernières années, alors que les prix du pétrole étaient élevés (…)”, affirme le MSP dans un communiqué rendu public.
Pour ce parti catalogué “d’islamiste modéré”, qui a fait partie de l’alliance présidentielle — née en 2004 — avant de la quitter en 2012, cette période a été marquée par la “corruption, la dilapidation et la mauvaise gestion”. “On a raté une opportunité historique (embellie financière, ndlr) qui risque de ne pas se reproduire”, dit-il en redoutant “un retour aux années 90”.
Pour sortir de l’impasse, le MSP préconise une recette qu’il défend depuis de longs mois au sein de la CNLTD : l’organisation d’une transition négociée avec le pouvoir. Le MSP “invite de nouveau les dirigeants à la sagesse et à l’acceptation de la coopération avec l’opposition, selon des normes internationales, pour une transition négociée en phase avec la conjoncture que traverse le pays, à même d’éviter l’anarchie et l’instabilité qui planent sur l’Algérie une fois la réalité sociale connue, la politique d’achat de la paix sociale, la généralisation de la corruption et l’achat des consciences s’avèreront
inopérants”, soutient le parti de
Makri.
Par ailleurs, le MSP dénonce et condamne “la violence et le terrorisme qui ont connu un rythme accéléré dans nombre de pays arabes dont la Tunisie”. Selon lui, ces “pratiques sont des indices dangereux pour l’avenir de la région”. “Ces pratiques sont des instruments de dislocation aux mains de l’impérialisme et des régimes autoritaires pour réprimer les peuples et confisquer leur souveraineté (…).” Pour lui, les réseaux terroristes sont des “phénomènes marginaux devant la prolifération d’organisations réformistes et de renaissances pacifiques dans le monde arabo-musulman (...)”. “Ces réseaux, qui ont perdu leurs arguments et la raison de leur existence lors de l’ouverture de perspectives politiques et l’apparition des opportunités de changements pacifiques au début des révoltes arabes, sont revenus en force sous des formes douteuses après le renoncement à la liberté enregistré dans la majorité des pays concernés”, relève-t-il.

K . K.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Karim Kebir

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