Abdallah Djaballah : « Je n’attends pas grand-chose » de la nouvelle Constitution

Tsa; le Mardi 29 Decembre 2015
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Le Président a validé l’avant-projet de révision de la Constitution. Quelles sont vos attentes ?
Personnellement, je n’attends pas grand-chose. En fait, je désespère quant au sérieux du système dans la proposition d’une Constitution qui consacrera la fidélité à la déclaration du 1er Novembre et qui concrétisera les aspirations de la Nation à travers l’avènement d’un pouvoir dont elle sera la source. Un pouvoir qui aura pour mission de servir les constantes de la Nation et ses intérêts. Il devra également protéger ses droits, ses libertés et ses richesses de toute exploitation et sa dignité de tout malheur.
Amar Saâdani affirme que l’opposition sera surprise par les profondes réformes menées dans le cadre de cette révision. Qu’en pensez-vous ?
Nous allons voir ce qu’ils proposent (le pouvoir, NDLR). Si cette révision répond aux larges et profondes réformes auxquelles nous avons souvent appelées, nous aurons un avis qu’on annoncera le temps voulu. Cela étant dit, les réformes essentielles sont nombreuses. Elles doivent concerner le premier titre de la Constitution relatif aux principes généraux (régissant la société algérienne), ajouter des droits et des libertés, mais aussi des garanties. Elles doivent concerner également le titre relatif aux pouvoirs afin de consacrer un véritable équilibre. Une révision profonde doit également apporter des modifications dans le titre relatif aux institutions consultatives et surtout en ce qui concerne le contrôle du pouvoir qui doit être réel et indépendant.
L’instance autonome et indépendante reste le point le plus important pour vous ?
L’instance indépendante pour la gestion des élections fait partie des réformes essentielles qui doivent être menées. Au sein de l’opposition, nous avons demandé que le dossier des élections soit confié à une instance nationale et indépendante et de le retirer du ministère de l’Intérieur et celui de la Justice. Cette instance indépendante doit gérer les élections dans leurs différentes étapes à commencer par la révision du corps électoral, l’étude des dossiers des candidats jusqu’à l’organisation de la campagne, le contrôle de l’élection et le dépouillement des urnes. Nous n’avons pas demandé une instance de surveillance des élections.
Cette révision constitutionnelle passera finalement par le Parlement…
C’est la preuve que ces réformes ne sont pas profondes, ni globales, ni importantes. Qu’elles ne sont simples et partielles.

Categorie(s): Entretiens

Auteur(s): Hadjer Guenanfa

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