Ali Haddad vide son sac  

Tsa; le Mercredi 20 Janvier 2016
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Ali Haddad passe à l’offensive. Le président du FCE a répondu, ce mercredi 20 janvier, à ses détracteurs dont Louisa Hanoune, sans la nommer. Il s’est également exprimé sur ses activités à la tête de l’ETRHB. « Nous ne sommes pas des prédateurs mais des bâtisseurs. Personne ne nous a fait de cadeaux », a déclaré le président du FCE dans un discours de près d’une demi-heure prononcé au début d’une conférence de presse ce mercredi 20 janvier, à Alger.
Haddad répond à Louisa Hanoune
Le patron des patrons a tenté de ne négliger aucun point. Il a répondu à toutes les critiques dont la plupart ont été formulées par la Secrétaire générale du PT. Il a parlé d’une « campagne savamment orchestrée » contre sa personne et qui vise « tantôt le chef du FCE », « tantôt le patron de l’ETRHB a payé 20 milliards de dinars de contributions et d’impôts » à l’État, indique-t-il.
Proximité avec les pouvoirs publics
« En ma qualité de chef du FCE, on me reproche quoi ? La proximité avec les pouvoirs publics. Notre rôle n’est pas de s’opposer au gouvernement ou de s’aligner sur tout ce qui vient du gouvernement, le FCE est un partenaire », s’est justifié M. Haddad, en reprochant à certains de chercher à faire de lui le « bouc émissaire », responsable de tous les maux de l’Algérie.
« Notre rôle naturel est de défendre les intérêts de l’entreprise créatrice de richesses et d’emplois », a-t-il poursuivi en signalant que la baisse du prix des hydrocarbures « nous met devant une responsabilité historique ». « On me reproche de mener une diplomatie parallèle ? », a-t-il lancé, avant de rappeler que le pays a besoin d’investissements étrangers pour attirer les « capitaux ou pour le transfert de technologies ».
Marchés publics et favoritisme
Ali Haddad a répondu également sur les accusations concernant les appétits voraces du privé pour le secteur public. « Je dois réaffirmer avec force que nous n’avons jamais formulé la moindre demande », pour s’accaparer des entreprises publiques, a-t-il assuré.
Ali Haddad a affirmé qu’il continuera à « défendre les intérêts de l’entreprise publique ou privée, membre ou non du FCE ».
En tant que PDG de l’ETRHB, les reproches sont également nombreux, selon lui. Le premier est le fait de bénéficier de marchés publics « en sa qualité d’entreprise de construction d’infrastructures de base ». « Il est évident que seul l’État fait des projets d’infrastructures routières, des voies ferrées, de barrages, des stades, etc. », a-t-il expliqué.
« Des centaines de milliers d’entreprises étrangères sont venues en Algérie pour la réalisation du plan de développement des infrastructures (lancé par le gouvernement) », a rappelé le chef du FCE, en précisant que son groupe et d’autres entreprises algériennes ont également contribué à la mise en œuvre de ses projets d’infrastructures essentiellement dans le cadre des groupements étrangers ».
Ali Haddad a nié tout favoritisme de la part de l’État dans l’attribution des marchés publics. « Est-ce que pour autant nous pouvons dire que nous sommes favorisés ? Absolument pas ! L’exemple le plus édifiant est le projet de l’autoroute Est-Ouest. Sur 1 216 kilomètres, nous avons participé dans le cadre d’un groupement constitué de plusieurs entreprises algériennes après l’appel d’offres. La partie réalisée par l’ETRHB est de 32 kilomètres », a-t-il argumenté.
Autoroute Bouira – Lakhdaria
Dans sa plaidoirie, le patron des patrons est revenu longuement sur le problème du tronçon autoroutier Lakhdaria – Bouira. Il a expliqué que ce qui « devait être au début une mise à niveau superficielle s’est avéré un chantier titanesque ». Sur ce sujet, il tacle Cosider sans le citer nommément : « À l’ETRHB, nous n’avons pas de complexes ».
Ali Haddad s’est exprimé sur les informations faisant état d’une demande de prêt de son groupe auprès de la BNA. « Je suis sidéré par les informations colportées concernant un crédit qui m’aurait été accordé par la BNA d’un montant invraisemblable se chiffrant à plusieurs milliards de dinars », a-t-il dit.
« En tant qu’opérateur économique, j’ai tout à fait le droit de demander un crédit pour financer un projet si mon dossier est complet et que toutes les garanties sont disponibles. C’est une pratique normale et il ne s’agit pas d’une faveur. La SNVI a bénéficié d’un milliard de dinars, c’est-à-dire 1 000 milliards de centimes », poursuit Ali Haddad.
Ali Haddad a toutefois confirmé avoir déposé une demande de crédit auprès de la BNA mais pour un montant de cinq milliards de dinars. Il a affirmé que le responsable du fond Hermès en Allemagne lui a proposé 10 milliards de dollars de crédit. Un fond saoudien lui a, quant à lui, proposé un prêt de 100 milliards de dinars, selon lui.
« Nous on commence toujours par nos banques, privées ou publiques, si on ne trouve pas de moyens, on ira à l’international », a-t-il dit, en ajoutant : « En 2008, nous avons levé un emprunt obligataire de 6 milliards de dinars sous la supervision de la Cosob. Cet emprunt a été totalement remboursé avant les délais ».
Compagnie aérienne
Ali Haddad a révélé que son groupe était en plein négociations pour investir à l’international. Il a nié tout projet d’investissement dans le transport aérien. « Tant que je suis en vie, je ne créerai pas de société aérienne », a-t-il dit, en précisant qu’il soutiendra ceux « qui veulent se lancer dans cette activité ».
L’Afrique et le Maroc
Le patron des patrons a également plaidé pour la reconquête de l’Afrique, un espace complètement envahi par le Maroc, en appelant à encourager les entreprises nationales à investir dans la région. « Nous n’avons rien contre le Maroc mais il faut qu’on s’impose », a-t-il lancé. Pour lui, l’Algérie est en train de changer dans le bon sens. « Le baril à 120 dollars, c’est fini ! », a-t-il conclu.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hadjer Guenanfa

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