Amar Saâdani : « Ce n’est pas normal d’exclure les compétences algériennes vivant à l’étranger »

Tsa; le Mardi 12 Janvier 2016
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Le président a amendé hier l’article 51 de l’avant-projet de révision constitutionnelle. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Cet article de loi a été mal rédigé. Le législateur faisait en fait allusion aux postes souverains, mais le document, présenté par le chef de cabinet du Président sème effectivement la confusion et laisse penser que l’interdiction serait plus large. Avec la décision d’hier, le Président conforte la position du FLN qui a émis ouvertement des réserves sur cet article.
Selon vous, l’amendement répond à la revendication du FLN ?
L’article 51 empêche les binationaux d’accéder à toutes les hautes responsabilités de l’État et à la haute fonction publique. Au FLN, nous avons demandé que cette exclusion concerne seulement les postes de souveraineté.
Quels sont ces postes souverains ?
La présidence, les Affaires étrangères et la Défense. En dehors de ces trois fonctions, l’accès aux fonctions au sein de l’État doit être garanti à tous les Algériens, y compris les binationaux. Bien évidemment selon des conditions fixées par la loi.
Pensez-vous que votre avis sera pris en considération ?
Oui. Parce qu’il n’est pas normal d’exclure les compétences algériennes vivant à l’étranger de la gestion des affaires du pays. Ils sont Algériens, ils aiment leur pays. Pourquoi leur tourner le dos ?
Qu’est-ce qui vous permet d’être confiant aujourd’hui quant à l’issue de cette question ?
Nous sommes confiants pour deux raisons. D’abord nous sommes convaincus au FLN que le Président est favorable à notre position. Nous sommes aussi sûrs qu’il n’est pas dans l’intention du Président d’exclure la diaspora algérienne de la gestion des affaires du pays. Ensuite, le Président a ordonné l’élaboration d’une loi qui va déterminer la liste des hautes fonctions de l’État. Ce projet de loi passera par le Parlement et au sein de cette institution le FLN détient la majorité. Le parti va donc défendre ses choix. L’article 51 sera donc amendé soit par le Président à travers une ordonnance soit par le gouvernement à travers un projet de loi. Fort de sa majorité au Parlement, le FLN aura son mot à dire.

Categorie(s): Entretiens

Auteur(s): Achira Mammeri

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