Article 51 : nouvelle erreur d’Ahmed Ouyahia dans sa défense de la nouvelle Constitution

Tsa; le Mercredi 20 Janvier 2016
41324

Ahmed Ouyahia, Secrétaire général du RND et directeur de cabinet de la Présidence, est monté une nouvelle fois au créneau pour défendre l’article 51 du projet de révision de la Constitution, qui requiert « la nationalité algérienne exclusive » pour l’accès aux hautes responsabilités de l’État et aux fonctions politiques. En riposte au tollé suscité par cet article, le chef du RND a affirmé, dans une correspondance aux responsables locaux de son parti, que de nombreux pays ont traité de la question de la double nationalité de façon très stricte. Ahmed Ouyahia a même donné les exemples de l’Allemagne, du Japon et de la Chine, comme pays qui interdiraient selon lui de manière absolue la double nationalité, rapporte le journal arabophone El Khabar ce mercredi.
Ahmed Ouyahia utilise une nouvelle fois un argument factuellement erroné pour défendre une disposition controversée du révision de la Constitution. Contrairement à ce qu’avance le Secrétaire général du RND, l’Allemagne autorise depuis 2014 les enfants nés en Allemagne de parents étrangers à disposer de la nationalité allemande en même temps qu’une nationalité étrangère.
Une mise à jour de ses connaissances en législation allemande s’impose donc pour l’ex-chef du gouvernement s’il souhaite la citer comme exemple, ou peut-être simplement suivre l’actualité internationale.
En décembre dernier seulement, le Premier ministre français Manuel Valls avait en effet tenté d’utiliser un argument similaire pour défendre sa loi de la déchéance de la nationalité, affirmant qu’ « en Allemagne la binationalité n’est pas autorisée ». Le Premier ministre français avait été publiquement rabroué par le député européen Daniel Cohn-Bendit, qui s’est pris lui-même comme exemple puisqu’il dispose de la double nationalité franco-allemande.
Ce n’est pas la première fois qu’Ahmed Ouyahia utilise un argument fallacieux pour défendre une disposition du projet de révision de la Constitution. Lors de la présentation de ce dernier, le directeur de cabinet de la Présidence avait défendu le recours au vote du Parlement pour amender la Constitution algérienne en prenant l’exemple des États-Unis. Ouyahia affirmait que Barack Obama avait été élu avec moins de 50% de participation. L’affirmation s’est révélée immédiatement fausse puisqu’Obama a été élu avec un taux de participation de 57,1% en 2008 et réélu avec un taux de 54,9% en 2012.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Yacine Babouche

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..