Camus, encore !

Tsa; le Jeudi 14 Janvier 2016
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À l’occasion du centenaire de la naissance d’Albert Camus, les Algériens ont été envahis de l’extérieur et de l’intérieur par une camusmania incroyable. Il y a eu plusieurs tentatives venant souvent de nos propres concitoyens pour mythifier l’écrivain et le » résistant algérien anticolonial ».
Sur le talent de Camus, il n’ y a rien à dire. Grand écrivain, il a écrit les plus belles pages de la littérature sur le destin et la condition humaine. Sur sa soi-disant résistance et son combat anticolonial : ZÉRO !
On en avait fini avec cette caravane camusienne qui devait aller partout en Algérie, diffuser la bonne parole de M. Albert. Que des patriotes algériens ont fait annuler. D’autres tentatives pour poser le Prix Nobel 1959 comme un authentique Algérien et un révolutionnaire radical de la cause algérienne, avaient aussi lamentablement échoué.
Et voilà que rebelote ! On nous ressort Albert Camus dans un colloque qui va se tenir cette semaine au Centre diocésain des Glycines qui nous avait habitués à mieux, à l’occasion de l’appel des libéraux d’Alger « Pour une trêve civile » signés en février 1956, par des libéraux d’origine chrétienne et juive; parmi lesquels Albert Camus ! Et voilà M. Albert redevenu une énième fois le héros de la Guerre de libération nationale !
Cet appel avait été condamné et rejeté par le FLN car il renvoyait dos à dos la France coloniale et ses trois millions de soldats surarmés et l’Algérie anticoloniale et ses quelques centaines de combattants si peu armés.
L’appel fut un échec et Camus repartit chez lui, bredouille et dépité. Depuis il s’est mis du côté des Guy Mollet et des Robert Lacoste. Et dès cet échec, il devint un » méchant » défenseur de l’Algérie française. Une preuve irréfutable de la mauvaise foi (politique) de Camus fut sa correspondance avec le poète René Char, publiée en 2014 par les Éditions Gallimard. On y découvre un Albert Camus carrément opposé à l’indépendance algérienne, hargneux et haineux de tous ceux algériens et français qui se battaient pour l’indépendance de l’Algérie. Les deux compères avaient pour cible commune : Jean-Paul Sartre qui se battait lui du côté des Algériens. Dans une lettre du 17 novembre 1958, Camus écrivait à Char : » Sartre recommence ses saloperies et organise un meeting pour l’indépendance de l’Algérie ! Cet homme est à fusiller pour haute trahison ! »

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rachid Boudjedra

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