De l’austérité

Tsa; le Mercredi 6 Janvier 2016
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Lorsqu’un État brandit ce mot – « l’austérité » – dans la gueule de son peuple, on en fait tout un foin, parce que l’austérité est le sort quotidien de ce peuple. Il la vit d’une façon permanente, sous forme de pauvreté ou de misère carrément. Donc, ce mot n’a aucun impact sur les gens qui y sont habitués. Cette classe pauvre, voire donc misérable, a l’habitude de vivre dans des bidonvilles pourris et ne sait pas ce que c’est que le confort d’un logement salubre et agréable. Elle a l’habitude de vivre de pommes de terre et de toutes sortes de pâtes. Elle a l’habitude de se vêtir dans les friperies. Elle a l’habitude de se taire et de se résigner.
Et donc, cette population qui représente le tiers, au moins, des Algériens ne souffrira pas de l’austérité. Elle y est, en plein dedans. Elle s’en fiche comme elle se fiche des grands discours des technocrates et autres oligarques qui se défoulent quotidiennement pour expliquer dans une logorrhée ennuyeuse, mensongère et criminelle, que l’austérité est inévitable et nécessaire. Voire saine pour l’économie nationale.
Si on exclut – donc – le tiers de non ou de sous-citoyens, l’austérité va toucher, en effet, les classes moyennes. Mais en même temps, elle permet aux classes supérieures de s’enrichir encore plus. Ainsi, un certain nombre d’acquis de la classe moyenne vont être perdus et reportés sur les classes (très réduites) des plus riches.
Déjà, on entend s’agiter cette classe moyenne qui est à la fois victime et prédatrice, sur le prix des carburants dont elle use et abuse et c’est en ce sens qu’elle est prédatrice. Pas seulement ! Elle est -aussi – prédatrice parce qu’elle est toujours en manque de biens de consommation souvent inutiles, voire malsains et dangereux pour la santé. Elle est victime parce qu’elle s’est enfermée dans un système économique et une pratique sociale, finalement mortelles.
Dans ces augmentations annoncées récemment, il y a de l’abus, mais aussi une faille. L’État n’a pas assez augmenté le prix des carburants et cette hausse n’aidera pas l’écosystème à s’améliorer. La dégradation urbaine et la pollution en constante progression ne feront que s’aggraver encore plus dans notre pays dévasté par l’égoïsme et l’incivisme de nous tous.
Nous, tous !

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rachid Boudjedra

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