Déchéance de nationalité : le débat continue d’agiter la classe politique française

Tsa; le Lundi 4 Janvier 2016
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3,3 millions. C’est à peu près le nombre de citoyens français qui possèdent la double nationalité. Autant de personnes qui seraient potentiellement concernées par la déchéance de nationalité prévue dans la prochaine révision de la Constitution proposée par François Hollande.
La déchéance de nationalité, mesure autrefois brandie comme une menace par l’extrême droite puis par la droite de Sarkozy, est aujourd’hui promue par le gouvernement de gauche au pouvoir. Pourtant, en 2010, François Hollande et Manuel Valls y étaient farouchement opposés.
Aujourd’hui, le couple exécutif justifie cette volte-face par la situation sécuritaire que le pays traverse, après les derniers attentats de Paris. Une raison qui ne suffit pas pour certains responsables politiques de gauche qui ne veulent pas faire front uni derrière cette mesure.
Des ténors comme Benoit Hamon, Anne Hidalgo, Martine Aubry ou encore Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre et actuel député PS, se sont publiquement positionnés contre. Christiane Taubira, ministre de la Justice, n’y est pas favorable même si elle va défendre le projet par solidarité gouvernementale.
Toujours à gauche, Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS, a réagi pour la première fois aujourd’hui par une intervention sur la chaîne LCI : « C’est discutable (…) parce que ce n’est pas une valeur, un principe, ou une proposition, qui vient de la gauche. Mais ce n’est pas indigne ». L’objectif est désormais de rallier les troupes pour s’assurer le minimum des voix nécessaires à l’adoption de la réforme constitutionnelle (soit les 3/5 du Parlement).
La droite, un soutien improbable pour Hollande et Valls
Finalement, pour Hollande et Valls, le salut viendra peut-être de la droite, camp dans lequel ils trouvent le plus de soutien, à commencer par celui de Nicolas Sarkozy. L’ancien président et actuel chef des Républicains (LR, droite) a profité de ses vœux de début d’année pour se positionner en faveur de l’extension de la déchéance de nationalité au binationaux nés en France.
Christian Estrosi (LR) est, pour sa part, convaincu que le vote de la droite « « ne fera pas défaut » à François Hollande », rapporte RTL. Bruno Le Maire, député LR qui pourrait être candidat à la primaire à droite, assure qu’il votera pour. Il est suivi par Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, qui se dit clairement en faveur et affirme au JDD que « la déchéance de nationalité est légitime ».
D’autres estiment néanmoins que cette mesure peut faire l’objet d’une nouvelle loi sans pour autant nécessiter une inscription dans la Constitution. C’est la position soutenue par Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice.
Dimanche, c’est Alain Juppé, candidat au primaire de droite, qui rompait le silence avec des déclarations confuses. « Ce n’est pas une réforme utile. Elle ne permettra pas de prévenir de nouveaux actes terroristes », explique ce dernier dans un entretien accordé au JDD, évoquant ensuite « un coup politique de François Hollande ». Ce qui n’empêcherait visiblement pas le politicien de voter pour, « s’il était député ».

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Zahra Rahmouni

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