Éducation nationale : la méthode Benghabrit

Tsa; le Jeudi 21 Janvier 2016
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Dans un gouvernement qui collectionne les échecs, une ministre sort du lot. Depuis qu’elle a pris le poste très difficile et particulièrement sensible de l’Éducation nationale, Nouria Benghabrit ne cesse de nous surprendre. Après avoir posé le diagnostic, mis en place des réformes courageuses et ambitieuses, elle a initié un dialogue intelligent avec les syndicats qu’elle a convaincus.
Aujourd’hui, Mme. Benghabrit donne une nouvelle illustration du sérieux de sa démarche et de la pertinence de sa méthode. En voyage à Londres pour participer au Forum mondial de l’Éducation, elle a effectué, mercredi 21 janvier, une sortie sur le terrain pour s’enquérir des méthodes d’enseignement dans les établissements britanniques.
Selon l’APS, la ministre s’est, d’abord, rendue au Salon du « British Educational Training and Technology » (BETT), qui rassemblait des centaines d’entreprises spécialisées dans l’invention et la production d’outils et supports pédagogiques en matière de technologies de l’information et de la communication. Elle a ensuite visité des établissements scolaires pour s’informer de l’expérience britannique dans le domaine de l’enseignement. Elle s’est également intéressée aux outils modernes utilisés dans l’enseignement en Angleterre.
C’est la première fois depuis de très nombreuses années qu’un ministre se rend à l’étranger non pas pour signer des « accords bilatéraux » inutiles ou inaugurer des « réalisations », mais comprendre et apprendre des expériences des pays développés.
La méthode Benghabrit tranche avec celle de son prédécesseur Boubekeur Benbouzid. Durant plus de 20 ans, l’ex-ministre de l’Éducation nationale avait expérimenté, avec les échecs qu’on connaît, plusieurs réformes de l’école sans avoir visité un seul pays où les méthodes d’enseignement ont fait leurs preuves. C’est notamment le cas des pays du Nord de l’Europe dont les systèmes éducatifs ont inspiré, avec succès, de nombreuses autres nations développées.
Mais Boubekeur Benbouzid n’est pas une exception. Durant son dernier mandat de Premier ministre, Ahmed Ouyahia n’a pas pris une seule fois l’avion pour visiter un pays développé pour voir comment les autres gouvernements travaillent sur des dossiers comme le chômage, la crise économique actuelle, la relance de l’investissement, l’insécurité. Aujourd’hui, Abdelmalek Sellal adopte la même méthode. Ses voyages à l’étranger sont purement protocolaires.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Samir Allam

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