Interventions politiques, peur de la prison… Le PDG d’Algérie Télécom évoque les difficultés des managers publics

Tsa; le Dimanche 3 Janvier 2016
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Le PDG d’Algérie Télécom, Azouaou Mehmel, a évoqué ce dimanche dans un entretien au Quotidien d’Oran les obstacles et les défis auxquels sont confrontés les managers d’entreprises publiques algériennes, notamment Algérie Télécom.
À la tête de l’opérateur historique depuis 2012, Azouaou Mehmel s’est notamment montré critique quant à la décision prise « en 2007-2008 » de réduire les tarifs de l’ADSL de 50% dans le cadre de la filiale Djaweb. Une décision prise par un ministre, selon Mehmel, qui n’a fait l’objet d’ « aucune étude de marché », qui « ne pouvait pas avoir de viabilité commerciale ». Finalement, Djawab, faute de rentabilité, a été dissoute en 2009.
Le PDG d’Algérie Télécom a aussi abordé le « traumatisme » de son entreprise « par rapport aux marchés et aux prises de décisions ». Une situation qui s’explique selon lui par le fait qu’opérateur « a eu trois PDG successifs qui sont passés par la case prison » pour de mauvais actes de gestion.
En conséquence, « il y a cette réticence dans l’acte de prise de décision. Une décision qu’on peut prendre en une journée, on y met un mois », déplore Mehmel. « On tourne en rond pour trouver les mécanismes, convaincre les gens. Il y a cette résistance à signer, à s’engager. Les gens ont peur suite à ce qui s’est passé », indique le PDG.
L’acte de gestion a été partiellement dépénalisé par le gouvernement l’été dernier, mettant une couche de protection sur les cadres gestionnaires du secteur public. Mais la prudence et la peur des poursuites semblent toujours de mise.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Yacine Babouche

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