JSK, grandeur et décadence

Tsa; le Lundi 28 Decembre 2015
40510

Au grand dam de ses milliers de supporters, la JSK ne joue plus dans la cour des grands. Autrefois, modèle de tous les clubs algériens, aujourd’hui elle est définitivement entrée dans les rangs pour devenir une équipe quelconque.
En effet, la dernière tentative des Canaris de remporter un titre remonte à la saison 2013-2014 où les Vert et Jaune ont perdu la finale de la Coupe d’Algérie face au MCA en plus d’avoir été largué par l’USMA dans la course au titre de champion d’Algérie.
Depuis quelques années, la JSK bataille plutôt pour assurer son maintien comme ce fut le cas durant l’exercice écoulé. Cette saison elle n’est guère mieux lotie, puisque à la fin de la phase aller, la JSK possède seulement trois longueurs d’avance sur le premier relégable. Qu’est-ce qui a fait que le club le plus titré du pays et probablement le plus populaire, se retrouve dans une situation aussi navrante ?
« L’instabilité règne au sein de l’équipe »
Pour tenter de comprendre pourquoi le niveau de formation de la ville des Genêts a dangereusement régressé, nous avons pris attache avec une des gloires du club, en l’occurrence Ali Fergani, qui a bien voulu établir son diagnostic.
L’ex-capitaine d’équipe de la Jumbo Jet a d’emblée mis l’accent sur l’instabilité qui règne au sein de la JSK que ce soit sur le plan de la barre technique ou au niveau de l’effectif. En effet, Fergani ne se rappelle plus quand la JSK a su garder un entraîneur pendant plus d’une saison. Idem pour les joueurs qui font de brefs passages dans l’équipe alors que la force de la JSK était justement la stabilité de son groupe et la continuité dans le travail. Des problèmes que le président de l’Amicale des anciens internationaux algériens explique, en outre, par « l’absence d’une ligne directrice et d’une politique claire au sein du club », cela en soulignant qu’il « n’a rien contre la direction de la JSK ou son président Hannachi ».
« Hannachi devra laisser quelque chose derrière lui »
D’ailleurs, Fergani n’a pas manqué de rappeler que « Hannachi a ramené plusieurs titres à la JSK, surtout les titres de champions d’Algérie qui sont le fruit de toute une saison de labeur ou encore les titres continentaux qui sont une fierté pour le club et pour l’Algérie ».
Néanmoins, le seul bémol, selon notre interlocuteur, est que la JSK considérée comme un « petit Barcelone » n’a pas « son centre de formation alors que les autorités ne devraient pas refuser au club le plus titré d’Algérie un terrain pour y bâtir son centre de formation, un hôtel ou des terrains d’entraînement ». Fergani pense que « Hannachi va un jour ou l’autre partir et là il devra laisser quelque chose derrière lui qui profitera à la JSK sur le long terme ». Aujourd’hui, c’est loin d’être le cas. Le club est complètement déstructuré, où un seul homme règne en maître absolu.
« Où est donc la formation ? »
Le numéro 8 de la glorieuse équipe de la JSK évoquera ensuite le sujet de la formation complètement absente aujourd’hui. Il  rappelle que « la JSK a de tout temps été un vivier pour la sélection nationale A et elle a toujours compté sur une ossature composée de joueurs issus du club, tout en ciblant d’autres éléments qui étaient intégrés au groupe et qui devaient s’adapter à sa politique ». Fergani citera à cet effet les exemples de Menad qui a été ramené du CRB, de Kamel Aouis ou encore de son cas formé au NAHD, avant d’intégrer la JSK.
À présent, le club n’arrive plus à recruter des joueurs de premier choix, ce qui se répercute inéluctablement sur ses résultats. En somme, la JSK ne fait plus rêver.
Ainsi, Fergani a cerné le mal pour peu que les responsables du club prennent en ligne de compte ce constat émanant d’un technicien avisé qui n’a rien à gagner à dénigrer l’équipe qu’il a défendue et qu’il a contribué à hisser au cime du football national et même continental.

Categorie(s): Sport

Auteur(s): Karim A.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..