Kheireddine Zetchi Président du PAC : « Le plafonnement des salaires ne se discute pas dans les cafés et les salons des hôtels »

Tsa; le Samedi 16 Janvier 2016
41183

Connu pour son franc-parler, Kheireddine Zetchi, le président de Paradou AC, dont l’équipe fait un bon parcours cette saison aussi bien en championnat de Ligue 2 qu’en Coupe d’Algérie, critique la manière de faire des présidents des clubs professionnels quand il s’agit de discuter sur des dossiers importants ayant trait au professionnalisme en Algérie, tel le plafonnement des salaires ou l’interdiction d’avance sur salaire, une mesure prise récemment par le Bureau fédéral.
Récemment, le Bureau fédéral a pris la décision d’interdire désormais toute avance de salaire au profit des joueurs. Pensez-vous que cette mesure sera applicable ?

Permettez-moi de dire d’abord qu’il est vraiment regrettable de voir la FAF intervenir dans un dossier pareil, alors que pratiquement tous les clubs des deux Ligues professionnels sont en passe de déclarer faillite. Malgré cela, ces clubs s’amusent à chaque fois à avancer plusieurs salaires aux joueurs, notamment les nouvelles recrues avant même le début de saison. Quelques mois par la suite, ils commencent à pleurnicher en constatant que leurs caisses sont vides.
D’aucuns pensent que cette histoire d’interdiction d’avancer les salaires ressemble quelque peu à celle du plafonnement des salaires qui avait été vite voué à l’échec. Pensez-vous que ce serait le cas pour cette nouvelle mesure du BF ?

En évoquant le dossier du plafonnement des salaires, je tiens à rappeler que cette procédure n’a jamais été légiférée. Ce n’est pas en se rencontrant dans les cafés ou dans les salons des hôtels qu’on prend des décisions au sujet de dossiers aussi vitaux ayant trait à l’avenir du professionnalisme en Algérie. Pourtant, on aurait pu faire les choses plus simplement. Les 32 clubs des deux ligues professionnelles sont regroupés au sein de la Ligue de football professionnel, mais ce cadre-là n’a jamais été exploité pour discuter des problèmes que rencontre le professionnalisme en Algérie.
Que préconisez-vous au juste ?

C’est simple : il faudra que toutes les décisions prises dans le sens de promouvoir le professionnalisme soient adoptées sous forme de textes réglementaires au cours des assemblées générales de la LFP. Tout président qui ne respecte pas ces règlements devra être sanctionné. Ce n’est qu’avec cette manière que l’on peut imposer toute mesure à même d’aider à la réussite du professionnalisme en Algérie, à l’image du plafonnement des salaires où l’interdiction d’avance sur salaire au profit des joueurs, alors que tous les clubs, à une ou deux exceptions près, souffrent sur le plan financier.
On imagine qu’au Paradou vous n’êtes pas confrontés à ce genre de problèmes ?

Dieu merci, nous sommes un club qui prône une politique suivant ses moyens. Nous n’avons jamais fait des folies en matière de recrutement, car nous nous appuyons beaucoup plus sur les joueurs du cru. Vous n’êtes pas sans savoir que depuis l’exercice dernier nous commençons à exploiter notre produit formé dans l’Académie du club qui a été créée en 2007. C’est avec un effectif composé d’un bon nombre issus de la première promotion de cette Académie que nous avons réussi d’ailleurs à accéder à la Ligue 2.
Justement, après un départ difficile en Ligue 2 vous voilà pointer le nez dans la course à l’accession en Ligue 1. Faites–vous de la montée une priorité cette saison ?

Certes, nous sommes sur une courbe ascendante depuis un bon bout de temps après avoir trouvé des difficultés d’adaptation en début de saison, mais notre objectif demeure toujours le même, à savoir le maintien.
Dernièrement, le président de la LFP, Mahfoud Kerbadj, a annoncé qu’il n’allait pas présenter sa candidature pour un deuxième mandat à la tête de cette structure. Certains voient en vous la personne idéale pour lui succéder. Avez-vous des ambitions dans ce registre ?

Je ne suis pas du tout intéressé par la présidence de la LFP, ni par un quelconque poste au niveau de la LFP. Déjà, je n’ai pas assez de temps pour honorer mes engagements aussi bien sur le plan personnel ou professionnel.
Quel est selon vous l’homme idéal pour prendre les rênes de la LFP ?

Je n’ai pas une préférence envers tel ou tel dirigeant, mais je préconise que les présidents des clubs des deux Ligues se réunissent et choisissent un candidat du consensus. La scène footballistique algérienne dispose quand même en son sein de compétences habilitées à mener la LFP en bon port.
Qu’en est-il de l’avenir de Ramy Bensebaini, votre joueur prêté depuis l’été passé à Montpellier qui serait en passe de racheter définitivement son contrat, selon la presse française ?

Croyez-moi, il n’y a rien de concret dans ce registre. Le plus important pour le moment pour Besebaini est d’apprendre davantage de cette expérience. Pour l’heure, je peux dire qu’il est en bonne voie.
Un autre joueur issu de votre Académie, en l’occurrence, l’international Abderraouf Benmghit est annoncé entre Montpellier et Saint- Etienne la saison prochaine. Y a-t-il réellement des contacts dans ce sens ?

Je pense qu’on n’en est pas encore là. Benmghit est pleinement concentré sur le parcours de son équipe en championnat et en Coupe d’Algérie. Il a intérêt d’ailleurs de ne pas prêter attention à tout ce que rapporte la presse à propos de son avenir. Chaque chose en son temps.

Categorie(s): Sport

Auteur(s): Merouane. S

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..