L’Algérie renforce le contrôle des ressortissants étrangers sur son territoire

Tsa; le Samedi 23 Janvier 2016
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Plusieurs dizaines de ressortissants marocains ont été empêchés de rejoindre la Libye via l’Algérie ces derniers jours. La cause ? Ils ne disposaient pas « de justificatifs motivant leur déplacement en Libye », a expliqué, ce samedi 23 janvier, Abdelkader Messahel à l’ambassadeur du Maroc à Alger qui a été convoqué au ministère des Affaires étrangères.
Exceptionnellement, plusieurs dizaines d’autres Marocains « détenant des documents de séjour ou de travail en Libye » ont été autorisés à rejoindre ce pays voisin en proie aux violences. Comprendre : la prochaine fois, les Marocains devront trouver un autre pays de transit pour rejoindre la Libye.
Le communiqué du ministère des Affaires étrangères laisse en effet entendre que l’Algérie s’inquiète fortement de cet afflux massif de Marocains qui cherchent à rejoindre la Libye. « La question du flux massif et inhabituel de ressortissants marocains en provenance de Casablanca à destination de la Libye à travers l’Algérie, constaté ces dernières semaines » a été au cœur de la convocation de l’ambassadeur marocain, a précisé le ministère des Affaires étrangères.
L’ombre de Daech
Cette inquiétude semble justifiée par l’inquiétude de voir une partie de ces ressortissants rejoindre Daech en Libye. Le Maroc est en effet devenu ces dernières années l’un des principaux pourvoyeurs en terroristes de Daech, de l’aveu même des responsables marocains.
Le 20 janvier, le chef de la police antiterroriste marocaine Abdelhak El Khayam, a affirmé que plus de 1 500 Marocains ont rejoint Daech en Syrie. « Ils sont pour nous, tous des terroristes et font l’objet de mesures de recherche et d’interception s’ils retournent au Maroc », a affirmé le patron du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) dans un entretien au journal français Le Figaro.
Autre décision prise par les autorités algériennes : les anciens passeports libyens délivrés sous l’ère Kadafi ne sont plus acceptés, selon Libya Herald. « Les passagers, tant à l’arrivée qu’en transit, doivent porter les nouveaux bleus passeports électroniques », affirme le média libyen qui ne fait pas état de refoulement en masse de ressortissants de ce pays.
Les autorités n’ont pas commenté cette information. Cette décision vient s’ajouter au renforcement des contrôles aux frontières avec ce pays où l’armée est massivement déployée depuis plusieurs mois.
Les Syriens sous haute surveillance
Bien avant les Libyens et les Marocains, les autorités algériennes avaient mis en place des conditions draconiennes pour l’admission de réfugiés syriens. « Ils sont soumis à des questionnaires très rigoureux. Ceux qui ne justifient pas clairement les raisons de leur venue en Algérie ne sont pas admis », explique une source policière.
Après plus de 20 ans de lutte contre le terrorisme, les autorités ont réussi à sécuriser une grande partie du territoire et les centres urbains. Aujourd’hui, les forces de sécurité possèdent une très bonne connaissance des réseaux terroristes intérieurs. Mais après les attentats de Paris, le risque d’un attentat commis par des éléments venus d’un autre pays n’est pas exclu. C’est peut-être ce qui explique cette nouvelle vigilance.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Riyad Hamadi

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