L’Ambassade des États-Unis à Alger vante les mérites de la limitation des mandats présidentiels

Tsa; le Mercredi 13 Janvier 2016
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Le président Abdelaziz Bouteflika peut se sentir concerné. Dans un article publié sur son site internet mardi 12 janvier, l’Ambassade des États-Unis à Alger vante les mérites de la limitation des mandats présidentiels et critique la présidence à vie. « Président à vie », un titre qui sonne bien pour certains. Mais pour la plupart d’entre nous, la limitation du nombre de mandats est une bonne chose : on y voit un garde-fou contre un pouvoir effréné », écrit la représentation diplomatique à Alger de la superpuissance mondiale.
L’auteur de l’article explique qu’aux États-Unis, « depuis 1951, les présidents ne peuvent plus briguer de troisième mandat. Même avant cela, la plupart d’entre eux suivaient l’exemple de George Washington et ne cherchaient pas à rester à la Maison Blanche plus de huit ans. »
Ensuite, il donne le bon exemple de l’Afrique du Sud, où même Nelson Mandela « n’avait pas sollicité le renouvellement de son mandat à la tête de son pays. Les pressions du public n’y avaient rien changé. »
Pour l’ambassade américaine, « l’histoire prouve que la limitation des mandats renforce à long terme les institutions démocratiques. Elle contribue aussi à la passation pacifique du pouvoir. » La représentation diplomatique des États-Unis liste ensuite une série d’avantages de la limitation des mandats : « Les dirigeants se sentent davantage obligés de produire des résultats pour laisser un héritage positif à leur successeur ; » ou « personne ne devient indispensable, quel que soit son pouvoir ou sa popularité ».
L’ambassade américaine soutient exactement le contraire de ce que disait Ouyahia lors de la présentation de la révision constitutionnelle de 2008 qui avait supprimé la limitation des mandats. « Cela peut sembler paradoxal mais, en empêchant un président populaire de rester à son poste, la limitation des mandats favorise une saine compétition entre les candidats. Rien de tel pour renforcer les institutions et le processus démocratiques. »
Le président Abdelaziz Bouteflika peut se sentir directement concerné par ce plaidoyer américain en faveur de la limitation des mandats présidentiels. D’abord, parce qu’en 2008, il avait changé la Constitution pour supprimer la limitation des mandats et pouvoir briguer un troisième mandat. Ensuite, parce que dans son projet de révision constitutionnelle présenté par Ouyahia le 5 janvier dernier, le chef de l’État propose justement de rétablir la limitation des mandats.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Riyad Hamadi

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