La neutralité est une complicité, le silence est une trahison !

Tsa; le Lundi 18 Janvier 2016
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Beaucoup d’Algériens ressentent aujourd’hui une grande déception et beaucoup de regrets en raison de la situation actuelle du pays qui est marquée par la régression, la corruption et le détournement des richesses. Ils sont aussi conscients de l’ampleur de l’escroquerie à laquelle a eu recours ce gang qui a détourné l’État, en compromettant l’avenir des générations futures. Des générations qui se moqueront de nous lorsqu’elles apprendront que nous étions soit des complices, soit des lâches, car nous n’avons pas pu changer notre situation et construire notre avenir. Nous serons la risée des nouvelles générations, parce que nous n’avons pas pu nous opposer aux corrompus et construire un État que nous méritons.
Ce qui se passe actuellement et les plans concoctés par cette caste pour rester au pouvoir et soumettre le peuple, en dépit de la situation économique et sociale difficile, sera un grave déshonneur pour les neutres, les silencieux, les peureux et les cupides. Ils seront redevables devant les générations futures à un degré plus important que ceux qui ont détourné L’État, humilié les hommes et les institutions, tout en échouant dans la réalisation du développement économique et sociale nécessaire pour garantir une vie digne aux Algériens.
Tout le monde assiste, ces derniers jours, à cet échange entre des politiques, des généraux et des personnalités qui étaient au cœur de la décision durant les périodes difficiles traversées par l’Algérie. Dans quelques années, les générations futures revivront le même scénario. Elles se rappelleront de la période regrettable et honteuse qui a commencé au début de ce deuxième millénaire, durant laquelle il y a eu une falsification des réalités, un détournement des deniers publics et une violation de la volonté populaire. Elles réaliseront que nous avons vécu au rythme d’un grand mensonge appelé pompeusement paix, stabilité, développement et dignité qui n’a engendré que la peur, la persécution et le sous-développement en dépit de l’abondance des ressources financières.
Quand les générations futures reverront le film du début des années 2000, elles se moqueront de nous. Et cela parce que nous avons accepté d’être gouvernés par un président incapable d’accomplir ses devoirs constitutionnels, comme nous avons laissé faire son frère cadet qui l’a séquestré pour disposer des affaires du pays à sa guise. Pour ce faire, il s’est appuyé sur un groupe occupé à distraire le peuple, à le harceler et à acheter sa conscience afin de rester au pouvoir, avec le soutien d’une armée d’agents, de défaillants et d’opportuniste. Mais aussi avec l’aide de la France et des USA qui ont plus bénéficié des richesses du pays que le peuple Algériens.
Elles diront que nous étions des lâches, car nous nous sommes tus devant l’échec du système à édifier un État durant la période de l’embellie financière. Nous n’avons rien dit lorsqu’il nous a fait perdre la chance du développement quand le prix du baril du pétrole dépassait la barre des 100 dollars. Comme nous nous sommes tus lorsque ce pouvoir a escroqué le peuple en lui demandant d’assumer les conséquences de la crise, tout en encourageant la médiocrité et en consacrant le régionalisme. Cela s’est réalisé avec l’exclusion des compétences et la propulsion des opportunistes et des médiocres aux postes de responsabilité pour tenter de cacher les scandales de corruption et la mauvaise gestion.
Les nouvelles générations nous reprocheront notre lâcheté devant tous les détournements des richesses du pays. Elles n’excuseront pas aussi notre silence sur les scandales de corruption politique, financière et sociale qui se sont multipliés depuis le début du millénaire ; comme elles nous critiqueront en raison de notre léthargie face à la dictature du pouvoir de l’argent qui, pour la première fois dans les annales de notre histoire, contrôle l’économie du pays, infiltre ses institutions, tout en prenant en otage les Algériens.
Nos enfants nous reprocheront aussi notre silence sur la violation de la Constitution à quatre reprises en 15 ans. Ils dénonceront également notre silence sur la défiguration du paysage politique et médiatique, devenu une véritable farce où les bouches sont bâillonnées et les partis, les associations et les syndicats sont fragilisés et émiettés au point de devenir de simples comités de soutien, délaissant ainsi leurs devoirs pour bénéficier de la politique de la rente. Ces derniers sont devenus des coquilles vides entre les mains du frère cadet du président, du chef du FLN et du guide de la nouvelle oligarchie, Ali Haddad, ainsi que tous leurs complices dans l’armée, le gouvernement, le Parlement, les syndicats, le mouvement associatif et le reste des institutions de la République.
Seulement une poignée d’Algériens sera fière, dans quelques années, de s’être opposée au système de corruption en défiant les menaces, les intimidations et la peur. Mais beaucoup d’Algériens auront honte, parce qu’ils appartiennent à une génération qui a soutenu ou était complice d’un système défaillant et corrompu. Ils se sentiront aussi humiliés parce qu’ils se sont comportés en spectateur face aux multiples atteintes subies par la patrie. À ce moment-là, nous serons classés par les nouvelles générations dans la case des traîtres ; nous regretterons d’avoir appartenu à cette génération de complice d’un gang qui ne recule devant rien et ne respecte plus rien.
derradjih@gmail.com    

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hafid Derradji

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