Le Brent se dirige vers les 30 dollars : les raisons de la déroute du pétrole

Tsa; le Lundi 11 Janvier 2016
40955 40956

Les cours du pétrole n’en finissent pas de baisser, affectés par de nombreux facteurs. À 19h20, le Brent (référence pour le pétrole algérien) cédait près de 6%, se maintenant difficilement au-dessus de 31 dollars. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) perdait 1,43 dollar à 31,73 dollars, au plus bas depuis le 23 décembre 2003.

Les spécialistes sont unanimes : la baisse va se poursuivre. En fin de semaine dernière, Francis Perrin, président de Stratégies et politiques énergétiques et directeur de la publication et de la rédaction de Pétrole et Gaz Arabes (PGA), a expliqué au Nouvel Observateur les raisons de la chute des cours du pétrole.
Les raisons de la chute des cours
Selon lui, la raison de fond de la chute des cours du pétrole concerne l’excédent de l’offre mondiale. Il l’explique par « le développement de la production en Amérique du Nord, les États-Unis exploitant les pétroles et gaz de schiste, le Canada les sables bitumineux de la province de l’Alberta. En parallèle, il y a eu un ralentissement de la croissance mondiale, notamment en Chine, ce qui s’est traduit par une baisse des besoins ».
Francis Perrin explique également ces prix bas par la prise en compte par les traders du changement de stratégie de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Cette dernière n’œuvre plus à réduire cette baisse des cours. « Comme ils se sont tous dits que le pétrole allait baisser, ils ont aussi fait baisser les prix ». Il y a également l’anticipation par le marché d’une levée des sanctions internationales sur l’Iran, qui augmentera donc l’offre mondiale.
L’Opep change de stratégie
Selon l’expert, habituellement l’Organisation des pays exportateurs de pétrole réagit en réduisant sa production, en l’adaptant à la demande. Mais l’Opep a changé de stratégie. Estimant avoir les coûts de production les plus bas, l’Organisation a décidé de maintenir sa politique de production. Cette stratégie a pour but de pénaliser les producteurs ayant des coûts plus élevés. Mais elle tarde à porter ses fruits. Certes de nombreux puits ont fermé aux États-Unis mais la production mondiale n’a pas baissé. La stratégie de l’Opep a pour l’instant eu pour effet de pénaliser les pays membres qui se retrouvent, à l’image de l’Algérie, confrontés à de très sérieux problèmes budgétaires.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Shahinaz Benkaci

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..