Le pétrole au plus bas en 11 ans, l’Arabie saoudite inonde le marché pour contrer l’Iran

Tsa; le Mercredi 6 Janvier 2016
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Le baril de pétrole Brent (référence pour le Sahara blend algérien) a franchi à la baisse, ce mercredi 6 janvier, la barre des 35 dollars. C’est son plus bas niveau depuis juillet 2004. En effet, le baril coté à Londres cédait jusqu’à 4,9% en cours de séance. De plus, l’Arabie saoudite a décidé de vendre son pétrole moins cher en Europe, selon le journal français La Tribune.
L’Arabie saoudite persiste et signe
Le baril de pétrole d’Arabie saoudite destiné aux marchés européen, américain et du Moyen-Orient se négociait avec une décote. En effet, le Royaume a décidé de vendre son pétrole moins cher pour inonder le marché et conserver ses parts de marché, selon La Tribune.
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions extrêmes avec l’Iran. Le journal français interprète le geste saoudien comme une volonté de pénaliser la République islamique, qui s’apprête à signer son retour sur le marché pétrolier – européen, notamment – suite à la levée imminente des sanctions internationales.
Justement, le cabinet de conseil Wood Mackenzie estime que « la montée des tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran montre que Riyad ne compte pas réduire sa production et aider l’Iran à regagner des parts de marché », rapporte La Tribune.
Demande en berne dans un océan de pétrole
Ainsi, l’Arabie saoudite poursuit sa stratégie : inonder le marché de son pétrole bon marché pour casser les prix et maintenir ainsi ses parts de marché. L’Iran, selon toute vraisemblance, devra donc en faire les frais, bien que les producteurs de schiste américains soient les premières cibles. En effet, ces derniers ont besoin d’un pétrole autour des 50 dollars pour rentabiliser leurs investissements dans la production.
L’abondance de l’offre intervient dans un contexte où la demande mondiale de pétrole est en stagnation, voire en baisse. La principale inquiétude émane de la Chine, qui accuse un ralentissement marqué de son économie. Le secteur des services est au plus bas depuis 17 mois tandis que la production manufacturière a été annoncée en baisse ce lundi, indique La Tribune.
Par ailleurs, le dollar est actuellement fort par rapport aux autres devises comme l’euro : « Le dollar fort et les chiffres décevants de la Chine renforcent la tendance baissière », selon Tamas Varba, un analyste pétrolier de PVM Brokerage, interrogé par The Wall Street Journal. Il est utile de rappeler que la valeur du dollar et du baril de pétrole a, traditionnellement, une corrélation inversée.
Dans tous les cas, une chose est sûre : « Le marché continue à baisser, il n’y a aucun doute », indique le spécialiste du pétrole.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Tewfik Abdelbari

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