Les révolutions arabes sont mortes !

Tsa; le Samedi 23 Janvier 2016
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Ainsi ont en décidé les médias des pays riches et c’est normal ; puisque ce sont eux qui ont décrété en 2011 qu’elles étaient nées, à l’exception d’une minorité honnête et courageuse. Maintenant qu’elles sont même devenues un vrai désastre, selon ces grands décideurs et vedettes des télés, des radios et des journaux, qui ne font même pas leur autocritique.
On peut se tromper sincèrement ou bêtement mais l’autocritique si elle n’efface pas la malversation politique peut l’atténuer. Ce n’est pas le cas, aujourd’hui, où la Tunisie est à feu et à sang  et où on s’attend à ce que l’EI bien installé en Libye va déferler ce pays – et peut-être, un peu plus tard, sur l’Algérie et sur la Maroc!- fragile, grâce à Monsieur Sarkozy et à Mister Cameron qui ont détruit, sur ordre des USA, l’État national libyen et assassiné d’une façon barbare son dictateur patenté, le Colonel Kadafi.
Les médias et les hommes politiques occidentaux savent très bien, eux, faire la différence entre une révolution et une émeute, car ils ont en fait des révolutions, des émeutes, des jacqueries et des guerres de religions. Mais hélas pas nos élites maghrébines qui se laissent souvent aller à l’émotion parce qu’elles n’ont pas d’énormes capitaux à gérer, ni une finance dévastatrice qui détruit actuellement ceux-là mêmes qui la possèdent.
Les émeutes d’Algérie (1988), de Tunisie (2011) d’Égypte (2011), de Libye (2012), de Syrie (2012), du Yemen (en permanence !), de Bahrein (2012, aussi) n’étaient pas des révolutions. Les manifestants voulaient du travail et de la dignité même s’ils étaient octroyés par les potentats militaro-financiers. Mais ceux-là ne sont pas des gens de la compassion ou de bon sens. Car très vite et dans tous ces pays « révolutionnaires », les oligarques plus voraces ont remplacé leurs collègues oligarques.
Les peuples arabes, révoltés mais pas du tout politisés ni lucides, ont remis les clés de leur maison à leurs oppresseurs : Chadli Bendjedid en Algérie, Caid Essebsi et Ghanouchi en Tunisie, le maréchal Sissi en Égypte, l’État islamiques en Libye, etc. Ils se sont trompés d’adresse et ont délaissé les partis de gauche (Kifaya en Égypte), les syndicats honnêtes (l’UGTT en Tunisie) par exemple.
Mais la Révolution ça s’apprend et a besoin, hélas, de plusieurs répétitions avant d’aboutir. Et elle aboutira bien, un jour !

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rachid Boudjedra

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