Les transporteurs privés jugent inévitable une augmentation des prix

Tsa; le Lundi 4 Janvier 2016
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La hausse des prix des carburants, en vigueur depuis le 1er janvier, inquiète les transporteurs qui jugent inévitable une augmentation des prix des billets. À la gare routière de Caroubier à Alger, les transporteurs privés affichent leur mécontentement. Pour la société Bilal Transport qui assure la liaison entre Alger-Béchar-Alger, la situation ne peut pas durer longtemps si aucune mesure n’est prise pour les aider à compenser les pertes induites par la hausse des prix du gasoil.
« Avant, pour le plein aller-retour Alger-Béchar-Alger, à savoir deux fois 1 000 km, il fallait débourser 9 000 DA. Aujourd’hui, on paye 14 000 DA », explique un des responsables de la société. Pour lui, cette situation est insoutenable : le carburant représente initialement 50% des frais d’un seul voyage. « Cette augmentation des prix des carburants n’affecte pas encore le simple citoyen, mais elle touche les transporteurs. Nos bus n’affichent pas complets pour tous les voyages et à la longue, la décision de maintenir les mêmes prix des billets nous affectera considérablement. On fera le bilan dans deux semaines et nous évaluerons l’impact sur l’entreprise », ajoute un autre responsable de la même société.
La majorité des transporteurs rencontrés ce lundi matin à la gare du Caroubier pensent qu’il faut au moins deux semaines pour évaluer l’impact de la hausse des carburants. Mais déjà ils anticipent des augmentations des prix des billets. Par exemple, pour un aller simple dans un bus Alger-Béchar, actuellement fixé à 1 400 DA, les transporteurs de cette ligne pensent qu’une augmentation allant jusqu’à 300 DA serait juste. « Avec une augmentation de 50 DA par station sur la destination Alger-Béchar, nous arrivons à 300 DA de plus que le prix actuel. Ou bien, il nous faut des cartes de carburant spécifiques », revendique le patron d’une autre entreprise de transport de voyageurs. « Si cette mesure (hausse des prix de carburant, NDLR) pousse le citoyen à changer ses habitudes et fréquenter plus le transport en commun, cela nous assurera un taux de remplissage appréciable pour nous, alors l’augmentation des prix des billets ne sera pas nécessaire », avance notre interlocuteur.
Boudherssa Transport assure la ligne Alger-Batna-Alger. Un aller simple est fixé à 720 DA. Son patron pense que ne pas revoir les prix de transport serait une décision contraignante pour les transporteurs. « La hausse des prix des carburants est pénalisante pour nous. Le taux de remplissage n’est pas à 100% à chaque départ. On a parfois des départs avec la moitié des sièges vides. On ne pourra pas suivre si cela continue », affirme-t-il, en proposant une augmentation de 100 DA des billets sur cette destination afin de compenser la hausse des prix des carburants. « Pour un voyage Alger-Batna-Alger, un plein de carburant revenait à 4 200 DA avant la hausse, maintenant il faudra débourser 6 200 DA alors que le ticket reste à 720 DA », poursuit-il.
Du côté des entreprises publiques, il n’est pas question de toucher aux prix des billets. « On ne cherche pas à augmenter les prix », répond un responsable du bureau de la société de Transport de voyageur du centre (TVC) qui emploie 400 personnes.
Par ailleurs, plusieurs voyageurs rencontrés à la station de bus de Tafourah d’Alger-centre, affirment que les transporteurs urbain et suburbain privés appliquent de nouveaux prix depuis le début de l’année, avec une hausse de 5 à 10 DA. Pourtant, le ministre des Transports, Boudjemaa Talai, a assuré ce lundi 4 janvier que les prix des transports n’augmenteraient pas.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Walid Hamada

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