Ligue 1 : lorsque le spectacle migre du terrain vers les tribunes

Tsa; le Jeudi 31 Decembre 2015
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Contrairement aux autres pays, le football en Algérie a perdu son cachet spectaculaire. Les gens se rendent au stade plus pour se défouler que pour assister à du beau spectacle comme ce fut le cas par le passé.
Désormais, ce sont les supporters qui font le show dans les tribunes.
Un constat malheureux alors qu’on sait que le football africain, notamment algérien, a été, de tout temps, empreint de technicité. D’ailleurs, c’est toujours le cas pour certains joueurs algériens qui font, hélas, le bonheur des clubs sous d’autres cieux, à l’instar de Riyad Mahrez avec Leicester ou encore Yacine Brahimi au FC Porto et Sofiane Feghouli au FC Valence.
Dans le championnat local, les joueurs ont perdu leur football et n’osent plus ou, peut-être, ont-ils perdu cette magie du geste.
Pour Ali Feghani connu pour son élégance dans le jeu et ses passes lumineuses, le problème est plus profond. Il a trait à la formation qu’il juge inexistante en Algérie. « Lors du match USMA – MCA le spectacle était grandiose, mais dans les tribunes parce que sur le terrain le rendement était vraiment médiocre. Ce qui peut s’expliquer par le manque de formation des joueurs qui ne maitrisent même pas les gestes les plus rudimentaires du football », a-t-il déclaré à TSA.
La formation et les infrastructures, le  talon d’Achille
Il est vrai que le talent ne s’acquiert pas, mais il se façonne, par contre. C’est là qu’intervient le formateur qui a pour mission d’inculquer au joueur comment tirer profit de sa technicité et surtout la mettre au service du collectif. Le joueur doit savoir quand il doit privilégier le jeu collectif et quand il est plus judicieux de prendre ses responsabilités et faire cavalier seul.
Sauf que pour faire de la formation, il est nécessaire d’avoir des infrastructures. Un autre ingrédient qui manque au football national.
Pour y remédier, il est impératif que la Fédération algérienne de football (FAF) intervienne pour inciter, voire obliger les clubs à investir dans la formation et dans les infrastructures.
Hélas, nos clubs, dits professionnels, vivent toujours au crochet des pouvoirs publics, alors que leur statut de société par actions (SPA) leur dicte de chercher des sources de financement qui viendront compléter les apports financiers que les actionnaires sont tenus d’injecter dans les caisses du club.
Une utopie, faut-il le croire, en Algérie puisque mis à part le président de l’USMA et celui du PAC, rares sont les dirigeants qui mettent la main à la poche pour débourser l’argent qui assure la bonne marche du club.
L’exemple des 9 clubs interdits de recrutement reflète le marasme financier que vivent les clubs, à tel point qu’ils ne peuvent même plus régler les mensualités de leurs joueurs.
Une DNCG pour améliorer la gestion financière
Dans ce cas, doivent-ils être déchus de leur statut de clubs professionnels comme c’est le cas des sociétés qui tombent en faillite ?
Une démarche qui semble aussi logique qu’impossible à entreprendre du fait que cela ébranlerait le projet du professionnalisme qu’affectionnent les responsables de notre football.
Une autre option est envisageable pour ne pas dire s’impose : créer une DNCG (Direction nationale de contrôle de gestion). Une instance qui permettrait de déceler les problèmes et contrôler les budgets des clubs avant le début de la saison afin de les obliger à les régler avant même de s’engager pour un nouvel exercice.
C’est une solution intermédiaire à laquelle appelle Fergani. « Il faut réfléchir sérieusement à créer une DNCG qui puisse contrôler la gestion des clubs. Il est aberrant d’entendre des joueurs de la Ligue 1 se plaindre sur les plateaux télé de ne pas avoir été payé pendant 6 mois. Par la suite, ce joueur s’en remet à la CRL qui l’autorise à changer de club. Mais, cela ne lui permet pas de récupérer ses 6 mois de salaire. Ce qui est inadmissible. Il faut que la situation soit assainie. Reste à savoir qui sera en mesure de le faire ? ».
Une question qui reste en suspens, bien qu’on soit tenté de dire que c’est à la FAF de prendre ses responsabilités. Mais celle-ci a semble-t-il, d’autres chats à fouetter…

Categorie(s): Sport

Auteur(s): Karim. A

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