Louisa Hanoune critique la révision de la Constitution : « C’est le pays de Mickey ! »

Tsa; le Vendredi 8 Janvier 2016
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Louisa Hanoune n’a négligé aucun détail dans sa critique de l’avant-projet de révision de la Constitution proposé par le président Bouteflika. À l’ouverture des travaux du Comité central de son parti ce vendredi 8 janvier, la Secrétaire générale du PT a d’abord critiqué la nature du système qui demeure « présidentialiste », selon elle, ne consacrant aucunement la séparation entre les pouvoirs.
Mme Hanoune fustige la réintroduction de la limitation des mandats. « En 2008, on enlève (ce verrou). En 2016, on le remet et on dit que ça fait partie des constantes nationales pour que les gens puissent y croire. Moi, je ne crois pas à ça ! J’aurais cru si on avait introduit le droit de la révocabilité du président de l’APC jusqu’au président de la République. C’est le peuple qui doit décider », tonne la Secrétaire générale du PT.
Entre le tamazight et l’arabe, la discrimination
Si elle salue la constitutionnalisation d’une instance indépendante pour la surveillance des élections, Louisa Hanoune fustige la nomination de ses membres par décret qui les transforme « en fonctionnaires ». Elle s’interroge sur la « neutralité » de l’institution militaire lors des élections avant de relever les incohérences concernant la disposition relative au tamazight.
« On a précisé que l’arabe est la langue officielle de l’État. Le tamazight est langue officielle mais de qui ? Du peuple seulement ? Des voisins ? », ironise-t-elle avant de revenir sur « la promotion des dialectes (du tamazight) » prévue dans la Constitution. « Donc, pourquoi ne pas promouvoir aussi les dialectes de l’arabe ? On ouvrira des portes qu’on ne pourra plus refermer. Pourquoi cette discrimination ! », lâche-t-elle.
Finalement, une mascarade !
Louisa Hanoune voit dans cet avant-projet de loi des « titres et des slogans », des aberrations, des contradictions et « quelques avancées contrariées ». « On introduit dans la Constitution l’amélioration du climat des affaires. C’est l’oligarchie qui l’a ramené (…) La lutte contre la corruption, c’est bien. Mais c’est un slogan », affirme-t-elle avant de s’interroger sur l’affaire Sonatrach : « Est-ce qu’on va ramener ou pas le traître (Chakib Khelil) ».
La Secrétaire générale du PT dit avoir honte. « C’est le pays de Mickey ! (…) C’est une mascarade », dit-elle. Louisa Hanoune appelle à mettre fin à ces discours autour de l’État civil promis. « Arrêtez cette mascarade de l’État civil. Il est où cet Etat civil ? », lance-t-elle en indiquant qu’elle et les membres du Comité central de son parti étaient sur écoute. Mme Hanoune critique même le fait que le Président soit toujours ministre de la Défense.
Référendum et nouveaux harkis
Pour la patronne du PT, un référendum s’impose pour l’adoption de la révision constitutionnelle. « Si elle passe par les deux chambres du Parlement, cela voudrait dire que le Président revient en arrière (par rapport aux promesses qu’il avait faites notamment en 2011). C’est le peuple qui doit trancher », assure-t-elle. Quoi qu’il en soit, Louisa Hanoune pense que cette révision ne pourra cacher les « dérives économiques et politiques ».
Au cours de son intervention, la Secrétaire générale du PT a parlé d’une catastrophe en évoquant les augmentations décidées dans le cadre de la Loi de finances 2016 et entrées en vigueur à partir du 1er janvier. Elle prédit la disparition de milliers d’entreprises publiques et privées. Les conséquences seront désastreuses, selon elle. Pour 2016, Louisa Hanoune souhaite de la santé à ses militants et à tous les Algériens pour faire vaincre « les nouveaux harkis (les prédateurs, NDLR) ».

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hadjer Guenanfa

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