Mohamed Betchine : Nezzar a proposé le poste de président à Aït Ahmed, des responsables ont torpillé les négociations avec l’ex-FIS

Tsa; le Dimanche 10 Janvier 2016
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Après Khaled Nezzar, c’est au tour du général à la retraite Mohamed Betchine de rompre le silence. L’ancien patron de la Sécurité militaire contredit Khaled Nezzar au sujet de Hocine Aït Ahmed. « Moi je vous dis que Nezzar a proposé à Aït Ahmed de devenir président et je n’ajoute rien de plus ! », tranche-t-il dans un entretien accordé ce dimanche 10 janvier à Ennahar.
Mohamed Betchine revient sur plusieurs sujets dont sa relation avec Hocine Aït Ahmed qu’il a rencontré « à maintes reprises de manière formelle et informelle ». « Je me souviens qu’il m’a invité au congrès du FFS auquel j’ai assisté. Il m’a présenté sa femme et je me souviens qu’elle avait dit : c’est lui Mohamed Betchine avec qui ils nous font peur ? », raconte-t-il.
Dans ses réponses, le général à la retraite revient sur ses rencontres avec les dirigeants du FIS dissous et tire à boulets rouges sur l’ancien ministre de la Défense nationale. « J’ai reçu le président du FIS Abassi Madani et son adjoint Ali Belhadj dans mon bureau et de façon officielle (…) et en tant que premier responsable des services de renseignements du pays », raconte Mohamed Betchine qui affirme avoir pris cette initiative en sa qualité de premier responsable des servies de renseignements qui n’avait de comptes à rendre qu’au président Chadli Bendjedid. « Le général à la retraite Khaled Nezzar était chef d’État-major tandis que j’étais le premier responsable des services de renseignements et je n’avais aucune relation avec lui pour qu’il me donne des ordres », souligne-t-il.
Mohamed Betchine affirme avoir été ciblé dès qu’il a tenté de mettre fin à la police politique à la fin des années 1980. Il affirme avoir décidé de retirer les agents des renseignements des ministères et des entreprises publiques. « J’ai fermé tous ces bureaux. C’est ce qui a fait que certaines personnes créent un front contre moi », révèle-t-il. Khaled Nezzar fait-il partie de ces personnes ? « Il y a des gens et c’est tout. Ils se reconnaîtront », répond-il.
L’ex-patron des renseignements assure qu’il avait mené des négociations avec les dirigeants de l’ex-FIS au cours des années 1990, après son retour aux affaires en compagnie de Liamine Zeroual. Il accuse « des parties » de les avoir torpillés. « Je ne dirai pas de qui il s’agit. Mais ce qui est sûr est que le pays a connu durant cette période une chose grave et une dérive ». « J’avais tout dans le rapport que j’avais remis au président Chadli Bendjedid » avant l’éclatement de la crise, affirme-t-il. Un rapport dont il conservait une copie qu’il compte rendre publique prochainement.
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hadjer Guenanfa

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