Nos villes nous dégringolent sur la tête

Tsa; le Dimanche 10 Janvier 2016
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Pourquoi nos villes, nos Casbah, nos médinas sont-elles en si mauvais état ? Pourquoi nos immeubles sont-ils si insalubres et si sales ? Pourquoi nos ascenseurs ne marchent-ils pas ? Pourquoi nos richards n’ont aucun goût ? Pourquoi nos villas ressemblent-elles à des buildings new-yorkais ? Mais de guingois ! Pourquoi nos maisons ont-elles des gueules de prison ? Pourquoi nos villages sont-ils devenus des poubelles avec des trognes de guingois ? Enfin, pourquoi notre patrimoine est-il en lambeaux ?
Une seule réponse : le sous-développement mental, l’archaïsme des mentalités et l’incivisme devenu un terrorisme ordinaire et banalisé. L’Algérien est devenu, sans le savoir, un vrai prédateur qui dévore son environnement et se dévore lui-même de l’intérieur, jusqu’au néant, jusqu’à la nausée et jusqu’au dégoût. Nos villes sont sales, nos villages atrophiés et nos rues impraticables.
Certes la responsabilité incombe à l’État et à son corollaire, la corruption. Cette corruption qui érode toutes les classes sociales et nous grignote notre savoir-vivre que nous cultivions si bien avant l’indépendance. Mais aussi, nous ! Nous, les citoyens algériens, qui sommes devenus égoïstes, stupides, hygiéniquement douteux et cachons nos mauvaises odeurs sous des tonnes de déodorant de mauvais qualité. C’est vrai, l’Algérien, aujourd’hui, pue le déodorant de mauvaise qualité, de très loin !
Dans les pays voisins, cette situation nauséabonde et catastrophique n’existe pas. Quelle est la clé d’une telle énigme hygiénique ? Serait-elle d’ordre psycho-pathologique? Et la réponse se trouverait-elle dans les méandres de nos cerveaux et de nos mémoires traumatisées par tant de colonisations, tant de guerres et tant de ratages politiques ?
C’est, quelque part, par-là qu’il faut creuser. Peut-être.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rachid Boudjedra

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