Poursuite de la dépréciation du dinar, injection de liquidités… Les mesures de la Banque d’Algérie contre le choc pétrolier

Tsa; le Mercredi 6 Janvier 2016
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Pour faire face à la crise provoquée par l’effondrement des cours du pétrole, la Banque d’Algérie a mis en place une série de mesures relatives à son domaine de compétence, c’est-à-dire l’aspect monétaire et financier.
Le dinar comme variable d’ajustement
Parmi les mesures, la Banque d’Algérie continuera à déprécier le dinar : la monnaie nationale a perdu plus de 19,5% de sa valeur en 9 mois (de janvier à septembre 2015). Le but de la manœuvre est de préserver les recettes fiscales de l’État dans un contexte de net recul des exportations d’hydrocarbures.
En effet, avec la perte de valeur du dinar face à un dollar plus fort, les rentrées d’argent de l’État augmentent grâce à un effet de change défavorable au dinar : la contre-valeur des exportations algériennes, libellées en dollar, augmente lorsqu’elles sont exprimées en dinars dans le budget de l’État.
Protection des acteurs économiques contre les risques de change
C’était une revendication des entreprises et investisseurs en Algérie : pourvoir s’assurer et se protéger contre les fluctuations du taux de change. En effet, la Banque d’Algérie s’attelle à rendre effective l’achat de devises à terme.
Dans ce cas, les entreprises pourront se prémunir contre le renchérissement des investissements – en raison d’une évolution défavorable du taux de change – entre le moment de la signature d’un contrat et le paiement des factures.
Tour de vis sur les importations
Mohamed Laksaci a rappelé que la Banque d’Algérie a limité les engagements des banques sur les opérations du commerce extérieur à l’équivalent de leurs fonds propres. La mesure prise en août dernier vient accompagner le dispositif des licences d’importations, du cahier des charges automobile et l’augmentation des taxes sur certains produits.
La BA a également renforcé les contrôles sur les opérations de commerce extérieur, notamment en exigeant une meilleure détermination des capacités de financement (surface financière) des importateurs. Le tout dans le but de freiner les importations.
Les banques subissent des « stress tests »
L’ensemble des banques de la place ont déjà ou vont subir des « stress tests », soit des simulations pour vérifier la résilience des institutions financières face à une crise financière.
Entamés à la fin 2015, les tests s’achèveront au premier trimestre 2016. Ces protocoles répondront aux exigences de Bale 2 et (partiellement) de Bale 3, selon les propos de Laksaci. Les accords ont été mis en place après la crise financière mondiale de 2008, qui a précipité le monde de la finance au bord du gouffre.
Refinancement des banques : la BA injecte des liquidités
Face à la baisse des liquidités des banques, l’institution monétaire nationale a réduit ses reprises de liquidités. Dans le même temps, la Banque centrale réinjectera des liquidités à travers le mécanisme de refinancement des banques, effectif dès le trimestre en cours, indique Laksaci. Le Gouverneur veut également redynamiser le marché interbancaire.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Tewfik Abdelbari

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