Professionnalisme : les SPA otages des CSA

Tsa; le Mardi 29 Decembre 2015
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Lancé en 2010 après la participation de l’équipe nationale au Mondial sud-africain, le professionnalisme avance à reculons chez nous. Aucune amélioration n’est constatée dans le fonctionnement de la majorité écrasante des 32 clubs transformés en sociétés par actions (SPA).
Hormis l’USM Alger et le Paradou AC que gèrent les frères Haddad et Zetchi respectivement avec leurs fonds propres, les autres clubs baignent encore dans l’amateurisme. Même ceux qui sont pris en charge par Sonatrach et ses filiales, en l’occurrence le MC Alger, le CS Constantine et la JS Saoura, n’échappent pas à la règle. Ces clubs gâtés par les pouvoirs publics se distinguent par une anarchie totale dans la gestion et une instabilité chronique à tous les niveaux.
Les autres clubs refusent encore d’ouvrir leur capital alors qu’ils sont déficitaires et qu’ils ont du mal à régulariser leurs employés, sans compter les cotisations sociales et les impôts qu’ils ne payent guère. Leurs présidents ont peur de perdre leurs places dans la sphère footballistique et de connaître le même sort que Saïd Allik, poussé vers la sortie par les frères Haddad après avoir acheté la majorité des actions. Or, on ne peut faire du neuf avec du vieux.
« Les clubs professionnels n’avanceront pas tant qu’ils ne révisent leurs statuts actuels. Les SPA sont prises en otage par les CSA (club sportif amateur) qui détiennent la majorité des actions, conformément à ces statuts», admet Kheireddine Zetchi, le président du Paradou AC, seul club professionnel non déficitaire et seul club aussi à lancer un centre de formation avec ses propres moyens, alors que les autres attendent toujours les assiettes de terrain et les fonds promis par l’État.
« On dépense selon nos moyens et nos gains. On ne fait pas de folies »,  explique le patron du PAC qui commence à tirer des dividendes de son centre de formation. Le défenseur central international Ramy Bensebaini est le premier joueur issu de l’Académie du Paradou à être transféré en Europe et d’autres joueurs devront lui emboiter le pas à la fin de la saison, à l’image du prometteur latéral droit de l’EN olympique, Benguit, l’une des révélations de la dernière CAN 2015 des U23.
« Il est temps de séparer les SPA des CSA. Nos clubs doivent se restructurer et ouvrir leur capital aux investisseurs comme vient de le faire l’USMH que je félicite pour sa démarche », lançait le président de la Ligue du Football Professionnel (LFP), Mahfoud Kerbadj, lors de sa dernière sortie sur le plateau de l’ENTV. « Les clubs qui ne peuvent pas avancer et devenir de vrais clubs professionnels n’ont qu’à retrouver leur statut d’amateur, au lieu de continuer à foncer droit dans le mur. Il n’y a pas de honte pour ça », clame, de son côté, Abdelhakim Serrar, l’ancien président de l’ES Sétif et actuel consultant technique de l’ENTV.
Après cinq longues années de tâtonnements, des voix appellent la Fédération algérienne de football et le ministère de la Jeunesse et des Sports à observer une halte et faire un état des lieux de ce projet du professionnalisme qui n’avance guère et qui coûte cher au Trésor public surtout qu’on est pleine période d’austérité.

Categorie(s): Sport

Auteur(s): Ali Ouezzane

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