Révision constitutionnelle : « Nous demandons le retrait total de l’article 51 ! »

Tsa; le Mardi 12 Janvier 2016
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Chafia Mentalecheta est une députée de l’immigration pour le nord de la France. Dans cet entretien, elle revient sur l’article 51 du projet de révision de la Constitution.
Êtes-vous satisfaite de l’élargissement de l’article 51 du projet de loi de la révision constitutionnelle sur les binationaux ?
Pour l’instant, je considère qu’il n’y a pas d’amendement. Pour moi, l’APS est un organe de presse. Ce n’est pas normal qu’une chose aussi importante qui est en train de créer la confusion dans les esprits et produit le désarroi le plus total au sein de la communauté ne soit pas inscrite dans le communiqué officiel de la présidence publié à l’issue du Conseil des ministres. Le secrétaire général du FLN s’est prononcé contre l’article 51. Au sein du gouvernement, il y a 14 ministres issus de ce parti sans oublier le Premier ministre. Ces derniers auraient pu se mettre d’accord pour que ce point soit inscrit dans le communiqué.
Au-delà du communiqué, que pensez-vous du contenu de cet amendement ?
Dans tous les pays du monde, il y a des hautes responsabilités et des hautes fonctions qui sont strictement à destination des nationaux. Je pense particulièrement aux postes stratégiques de la défense et de la sécurité dont l’état-major, le DRS, la DGSN. On ne peut pas accéder à ce genre de postes quand on est binational. Ce n’est pas une discrimination. Mais dans aucun pays du monde, cela n’est écrit dans la Constitution. Pour les militaires, cela est régi par le code militaire. Pour les autres, c’est régi par la loi de la fonction publique. Ces fonctions sont déjà régies par la loi. Pourquoi nous inventer une nouvelle liste ?
Que revendiquez-vous ?
Il n’y a aucune raison que cet article 51 reste dans la Constitution. Nous demandons le retrait total de l’article 51 qui est en total contradiction avec l’article 24. Cette dernière disposition prévoit que l’État algérien doit protéger les droits de ses citoyens à l’étranger. S’il n’est pas capable de les protéger au sein même de l’État algérien, on voit mal comment ils vont le faire à l’étranger. Je crois que la force politique du chef de l’État est de retirer cet article. La force politique, ce n’est pas de ménager la chèvre et le chou.

Categorie(s): Entretiens

Auteur(s): Hadjer Guenanfa

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