Salah Bouchekriou, entraîneur de l’EN de handball : « J’ai plus peur des arbitres que des Égyptiens »

Tsa; le Dimanche 17 Janvier 2016
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L’entraîneur de l’EN de handball, Salah Bouchekriou, nous parle dans cet entretien de la CAN 2016, prévue du 21 au 31 janvier en Égypte, de ses objectifs et de son problème avec la fédération du Bahreïn.
L’EN est-elle prête pour la CAN 2016 ?

Oui, je pense que notre équipe est prête pour cette CAN. Nos joueurs sont prêts sur tous les plans. On a fait une préparation courte, mais de qualité. Le dernier stage en Slovénie nous a été bénéfique. On a travaillé dans de très bonnes conditions, dans le calme et la sérénité. On a eu des sparring-partners de bon niveau, notamment la sélection slovène qui participe actuellement à l’Euro. Les Slovènes sont vifs et bons techniquement. Les matches amicaux qu’on a disputés chez eux nous seront très utiles. On a filmé ces matches dans le but de corriger nos lacunes. On va essayer de peaufiner notre préparation avant l’entame de cette CAN. Le volet psychologique ne sera pas négligé surtout qu’une pression énorme pèse sur nos joueurs.
D’autant que le premier match vous opposera à l’Égypte, le pays organisateur et grand favori de la compétition ?

Ce match contre l’Égypte est important, mais pas décisif. Nos chances resteront intactes même en cas de défaite. Les Égyptiens ont choisi de nous affronter d’entrée, car ils savent qu’on a entamé en retard notre préparation, mais ils n’auront pas la partie facile. On fera tout pour les surprendre surtout que le public égyptien va mettre une pression terrible sur son équipe. Je ne vous cache pas que j’ai plus peur des arbitres que des Égyptiens. On a notre stratégie pour les battre et j’espère que notre équipe sera au top le jour j.
Notre équipe peut battre n’importe quel adversaire si elle est dans son jour. Je suis confiant même si notre sélection est modifiée et rajeunie. Dix champions d’Afrique ne sont plus avec nous. Après ce qui s’est passé lors du dernier championnat du monde, j’ai décidé d’apporter du sang neuf. J’ai fait appel à quelques jeunes joueurs qui manquent d’expérience, mais qui sont pétris de qualités à l’image d’Ayoub Abdi.
Hichem Kaâbèche a déclaré forfait alors que Ryad Chehbour est incertain, cela ne vous inquiète pas ?

J’aurais aimé que Kaâbèche soit avec nous au Caire. Il est venu blessé et il ne s’est pas remis de sa blessure. Le médecin de l’EN m’a dit qu’on ne peut pas compter sur lui. C’est dommage, car c’est un élément clé, au même titre que Ryad Chehbour qui fera le voyage avec nous comme 19e joueur. Il souffre encore de douleurs au dos et j’espère le récupérer sur place pour qu’il puisse prendre part aux derniers matches de la CAN.
Tout le monde regrette aussi l’absence du gardien de but, Abdelmalek Slahdji, qui a contribué grandement au sacre africain en 2014 ?

Slahdji n’est plus à présenter. Il a annoncé qu’il va prendre sa retraite internationale après le Mondial qatari et il n’a pas exprimé par la suite son vœu de revenir en sélection. J’ai trois gardiens de but, à eux de saisir leur chance durant cette CAN.
 
Vous avez fait appel à Sylvain Kieffer-Laforest, c’est une grosse surprise ?

Je voulais avoir le jeune Franco-Algérien Nedim Remili, mais il a choisi la sélection française. C’est Biloum qui m’a parlé de Kieffer qui a joué avec Mokrani. Rahim m’a confirmé que c’est un bon joueur et je l’ai convoqué. Il est à 100% avec nous et il peut nous aider.
Qu’en est-il de votre problème avec la fédération du Bahreïn ?

J’ai décidé de quitter la sélection du Bahreïn après son forfait au Mondial qatari pour des raisons politiques. C’était une grosse déception surtout qu’on a arraché notre qualification au championnat du monde sur le terrain. Le président de la fédération bahreïnie m’a demandé de lui envoyer un engagement écrit pour ne pas s’engager avec une autre sélection du Golfe ou de l’Asie et je l’ai fait. Cet engagement écrit a été même accompagné d’une lettre rédigée par le président de la FAHB, Saïd Bouamra. J’étais surpris d’apprendre qu’il a déposé une plainte contre moi auprès de la fédération internationale. Je l’ai appelé et il m’a promis de régler ce problème, mais il ne l’a pas fait. Il ne répond même pas à mes appels et SMS depuis que j’ai refusé de retourner au Bahreïn.
 
Vous risquez donc de ne pas être sur le banc de touche à la CAN ?

C’est possible, car je suis sous contrat avec la sélection du Bahreïn jusqu’au mois février prochain. Le président de la Fédération bahreïnie est un homme de parole, j’espère qu’il va tenir ses engagements avec moi. Dans le cas contraire, c’est mon adjoint Hichem Boudrali qui va diriger l’équipe sur le terrain lors de cette CAN. Il est capable de le faire. Je lui fais entièrement confiance.
 
Allez-vous continuer l’aventure avec l’EN après cette CAN 2016 ?

Si je ne réalise pas l’objectif qu’on a fixé, à savoir la qualification pour le prochain championnat du monde, je m’en irai. Ça dépendra aussi de la situation de l’équipe. On verra plus clair après la CAN.
 

Categorie(s): Sport

Auteur(s): Ali Ouezzane

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