Saudi Aramco valorisé en Bourse à plus de 3 000 milliards de dollars ?

Tsa; le Vendredi 8 Janvier 2016
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Le géant pétrolier confirme ce vendredi son projet d’introduction en Bourse, évoqué par Mohammed ben Salmane, l’un des fils du roi Salmane, dans une interview accordée à l’hebdomadaire The Economist. Cette annonce intervient dans un contexte de surabondance du pétrole, et d’un baril au plus bas (33 dollars) depuis 2003. Elle fait également trembler le monde pétrolier. Et pour cause.

C’est une confirmation officielle qui vient bouleverser le secteur pétrolier et la planète boursière. Le géant pétrolier saoudien Aramco (Arabian American Oil Company) a confirmé, vendredi 8 janvier, étudier une entrée en Bourse, évoquée la veille par le vice-prince héritier Mohammed ben Salmane. La société, propriété de l’Etat, indique dans un communiqué « étudier différentes options pour permettre une plus grande participation » extérieure à son capital.
Parmi les options, la compagnie nationale d’hydrocarbures évoque l’ouverture à « une proportion appropriée » de son propre capital ou l’entrée en Bourse de ses filiales.
Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire The Economist le 4 janvier et publié le 7 janvier,  le prince saoudien et ministre de la Défense, Mohammed ben Salmane, avait laissé entendre que l’option était étudiée, et qu’une décision serait prise au cours des prochains mois.
A la question de savoir s’il est possible d’imaginer la vente d’actions de Saudi Aramco, Mohammed ben Salmane a ainsi répondu aux journalistes que « c’est quelque chose qui est étudié ». « Je crois que c’est dans l’intérêt du marché saoudien, et dans l’intérêt d’Aramco », a-t-il ajouté.
« C’est dans l’intérêt de plus de transparence, et d’enrayer la corruption, s’il y en a, qui pourrait entourer Aramco« , ajoute le prince, ministre de la Défense et deuxième dans l’ordre de succession au roi Salmane, âgé de 79 ans.
Aramco, bientôt plus fort qu’ExxonMobil et Apple ?
Aramco gère la quasi-intégralité des immenses ressources en hydrocarbures du royaume et est considérée, à ce titre, comme la première compagnie pétrolière mondiale. Et pour cause. Chaque jour, elle extrait 10,2 millions de barils, rappelle The Economist. Les réserves de la compagnie nationale représentent 261 milliards de barils, soit dix fois plus qu’ExxonMobil (25 milliards de barils), le géant américain, qui pèse 311 milliards de dollars en Bourse. Ou du russe Rosneft aux quelque 40 milliards de barils.
Bref, si cette « vente du siècle » a lieu, The Economist avance qu’elle pourrait « marquer la fin de l’ordre pétrolier mondial en vigueur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale« . Mais cette ouverture au capital ne va pas seulement bouleverser le monde du pétrole. Car, ce qui intrigue bon nombre d’observateurs, c’est la valeur de ce mastodonte.
Officiellement, rien ne filtre. Cette compagnie d’Etat serait pourtant valorisée plusieurs « milliers de milliards de dollars », selon des officiels saoudiens cités par l’hebdomadaire. Autant dire que Apple, l’entreprise la plus chère au monde – aux 542,6 milliards de dollars de valorisation boursière- fait pâle figure à côté du monstre saoudien. Un calcul rapide, basé sur la valorisation boursière d’ExxonMobil (311 milliards de dollars et 25 milliards de barils) donne le chiffre de 3.246,84 milliards de dollars pour Aramco ! De quoi faire trembler la sphère boursière.
  | Lire: l’interview intégrale de Mohammed ben Salmane où il revient aussi sur les exécutions et la réaction de l’Iran (The Economist, 6.01.2016, en anglais)
Riyad au régime sec
Il faut aussi rappeler que cette annonce intervient alors que les cours du pétrole sont en chute libre sur fond d’offre surabondante et de rivalité entre l’Arabie Saoudite et l’Iran dans le Golfe persique (le Brent était tombé jeudi à 32,16 dollars le baril, un plus bas depuis le 7 avril 2004, tandis que le WTI était tombé au même moment à 32,10 dollars, un minimum depuis le 29 décembre 2003).
Cette baisse affecte durement le pays, un des principaux producteurs mondiaux. L’Arabie saoudite a enregistré en 2015 un déficit budgétaire record de 89,2 milliards d’euros, sous l’effet d’une baisse de plus de 60% des prix du brut depuis l’été 2014. Ryad a été contraint d’annoncer un plan d’austérité.
Des analystes estiment que Riyad, chef de file de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep), est en partie responsable de cette dégringolade des cours en raison de son insistance à défendre ses parts de marché plutôt que les prix et entraver le développement du pétrole de schiste américain.
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Categorie(s): economie

Auteur(s): latribune.fr, en partenariat avec La Tribune

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