Séverine Labat, réalisatrice d’Autopsie d’une tragédie (1988-2000) : « Bien sûr, ce n’est pas un montage ! »

Tsa; le Lundi 11 Janvier 2016
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Séverine Labat est politologue et réalisatrice. Avec le journaliste algérien Malik Aït Aoudia –décédé en 2015-, elle avait signé un documentaire intitulé « Autopsie d’une tragédie (1988-2000) ». Dans cet entretien, elle revient sur les déclarations de Ali Haroun au sujet de la proposition faite par le général Khaled Nezzar à Hocine Aït Ahmed. 
Est-ce que Ali Haroun a bien parlé de la proposition faite par le général Nezzar à Aït Ahmed dans votre documentaire ?
Bien sûr, ce n’est pas un montage !
Ali Haroun a aujourd’hui démenti avoir tenu ce genre de propos ?
Il y avait quand même une caméra et deux réalisateurs ! Je ne vais pas commenter la vie politique algérienne. Peut-être qu’il y a des enjeux très importants qui m’échappent, mais je rappelle que Ali Haroun fait partie des quatre qui ont organisé l’arrêt du processus électoral et qui ont créé le HCE (Haut comité d’État). S’il n’était qu’un petit ministre des droits de l’Homme, on ne l’aurait peut-être pas interrogé.
Est-ce que les acteurs politiques interrogés ont vu le film et quelles étaient leurs réactions ?
Je ne peux pas affirmer qu’ils ont vu ou pas le film qui date de 2003. Autopsie d’une tragédie algérienne est repris sur Youtube en accès libre et se vend en DVD à Alger. Il est difficile de croire que les acteurs en question n’aient pas été voir le film. En ce qui concerne les réactions, personnellement, je n’en ai pas recueillies. Malik Aït Aoudia qui est retourné vivre à Alger a dû recueillir des réactions.
Est-ce qu’il a été facile d’interroger tous ces responsables ?
Cela a été relativement facile. Le principe de réalisation du film était de ne faire parler les acteurs que sur ce dont ils auraient été témoins, ou acteurs directs. Donc on n’allait pas, par exemple, demander à Ali Haroun ce qu’il pensait de la création du GIA. Pour la progression dans le cheminement du récit et pour lever des contradictions, il y avait le commentaire. Le régime algérien n’était pas fondamentalement passionné par la communication, mais j’avais le sentiment que tout le monde avait joué le jeu.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hadjer Guenanfa

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