Un peuple en quête d’un leader

Tsa; le Lundi 4 Janvier 2016
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Les images diffusées par les chaînes de télévision du rapatriement de la dépouille du regretté Hocine Aït Ahmed, celles concernant son inhumation dans son village natal et le grand hommage que lui a rendu le peuple, prouvent une chose. Elles confirment que le peuple connaît la valeur des hommes, quelque soit la nature des mensonges et des tromperies utilisés pour le duper. Cet engouement populaire signifie aussi que ce peuple a toujours besoin d’un vrai leader qui l’apprécie, le respecte et répond à son projet et ses principes. Cela passe avant la nourriture, les habits, le logement et tous les slogans crus qui réduisent l’Algérie à une seule personne incapable de prononcer un discours à la Nation.
À mesure que l’accueil officiel de la dépouille du défunt était très timide à l’aéroport, après le refus de sa famille de toute forme d’exploitation politique de l’événement par le pouvoir, les obsèques populaires étaient à la hauteur de l’homme. Un homme à la mémoire duquel s’est incliné le peuple sans aucune demande du Président, comme il l’a fait avec ses ministres. Un homme devenu un géant aux yeux du pouvoir qui l’avait condamné à mort et qui a failli le déchoir de sa nationalité. Hocine Aït Ahmed était, selon la conception des tenants du pouvoir, un opposant à l’État, un régionaliste et un raciste, alors qu’eux sont des moudjahidines, des nationalistes et des fidèles à la patrie !
Les funérailles populaires et historiques, organisées sans protocoles et sans cérémonie officielle, expriment les vrais sentiments de respect et d’estime à l’égard de l’homme ; elles envoient aussi des messages clairs et d’autres codés, démontrant le degré de conscience et la grandeur du peuple Algérien qui ne peut être trompé, quelle que soit la nature des mensonges et même si on lui cache les vérités et qu’on falsifie l’Histoire. Cette histoire finira par réhabiliter les vrais héros et condamnera les usurpateurs et les menteurs, en révélant au grand jour leurs mensonges et leur hypocrisie.
À travers les images d’adieux et les témoignages reconnaissant les qualités d’Aït Ahmed, ainsi que les sentiments de chagrin de tristesse visibles sur les visages des Algériens à travers tout le territoire national, on constate que le peuple est toujours à la recherche d’un leader. Un guide qu’il aimera, interagira avec lui, l’écoutera, le verra et sentira sa présence. Ce chef sera pour lui un exemple d’honnêteté, de loyauté et de fidélité au message des martyrs et au sacrifice du peuple à travers l’Histoire. Ce peuple a toujours besoin d’un leader humble qui ne réglera pas ses comptes avec ses opposants.
Le peuple qui a accompagné Hocine Aït Ahmed à sa dernière demeure de cette manière, veut dire qu’il est en quête d’un leader porteur d’un projet visant l’édification d’un État des hommes et des institutions. Un guide qui ne pense pas à édifier un État des individus qui réduisent le pays à une seule personne et qui sont des mateurs de la pensée et du parti unique. Ce peuple veut adresser un message à la Nation pour dire qu’il a besoin d’un leader nationaliste entouré d’hommes fidèles et compétents qui lui serviront d’exemple, le serviront avec loyauté et qui ne le provoqueront pas, comme ils n’insulteront pas son intelligence !
Le peuple algérien, qui se montre aujourd’hui inquiet pour son avenir en raison du vide effrayant au sommet de l’État et qui sent que sa patrie est menacée d’abord de l’intérieur à cause de l’échec dans l’édification d’un État, confirme qu’il a besoin d’un guide respectueux de la volonté populaire ; d’un chef qui soit un exemple du nationalisme et non pas du régionalisme, qui œuvre à l’union non à la division, qui unifie les rangs et qui tire sa légitimité de la volonté populaire. Il a besoin aussi d’un leader qui s’appuie sur la force de la loi et les principes de la démocratie, non pas sur les mauvais, les prébendiers et les détenteurs de l’agent sale qui ont piétiné la morale et les valeurs en détournant les deniers publics et en causant de multiples crises.
Le peuple Algérien qui a accompagné le « zaïm » Hocine Aït Ahmed à sa dernière demeure de cette manière a exprimé, parallèlement, son refus du scénario confus d’aujourd’hui. Il confirme qu’il a un besoin urgent d’un cœur pour le gouverner et non pas d’un cerveau pour le soumettre. Il a besoin de ses hommes, de ses symboles, de son élite nationaliste, propre et compétente, qui rejette la haine et la rancune, qui s’oppose au régionalisme et à la dictature et qui croît en une Algérie construite par tous et non pas seulement par trois individus qui soumettent les gens et gouvernent derrière les rideaux en croyant que le pays est leur propriété personnelle dont ils disposent à leur guise.
derradjih@gmail.com 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hafid Derradji

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