Une Constitution bis

Tsa; le Jeudi 7 Janvier 2016
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« Beaucoup de bruit pour rien », dirait Pirandello. Et maintenant que le texte de la « nouvelle » Constitution, qui n’a rien de nouveau, a été publié, on se rend compte que tous les partis, ceux du pouvoir et ceux de l’opposition, se sont agités pendant deux ans pour jouer un jeu de rôles, occuper l’Algérien moyen et patauger dans la mare aux canards pour donner l’illusion qu’il existe une vie politique démocratique, des débats houleux et des altercations violentes. La montagne a accouché d’une petite souris. Une toute petite souris qui ne changera rien à la vie ordinaire des Algériens ni à la routine politique qui fait que les mêmes hommes et les mêmes institutions seront toujours là et vont se perpétuer à l’infini. Omnipotents. Arrogants. Narcissiques.
À part le fait que la langue amazighe va devenir la deuxième langue officielle du pays, ce qui est une grande victoire pour les tenants de cette nécessité primordiale ; et à part le fait que les mandats présidentiels seront de nouveau limités à deux mandats, on ne voit pas ce qui peut réjouir les Algériens, ni ce qui peut améliorer leur pouvoir d’achat, ni ce qui les rendrait plus passionnés pour la politique, eux qui sont les champions de l’abstention pour toutes sortes d’élections.
Quant au rôle du Premier ministre, il reste « ombrageux » mais le rôle du président va être encore plus « lumineux ».
Mais une Constitution, c’est – d’abord – un texte que personne ne lit ! Ensuite, une constitution c’est – aussi et idéalement – un cadre technique qui permet la réalisation d’une politique donnée et dont la réalisation précise et honnête déboucherait – si elle était respectée – sur le bonheur absolu ou presque !

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rachid Boudjedra

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