Vente d’alcool : les nouvelles méthodes de la gendarmerie pour lutter contre la fraude à la facturation

Tsa; le Lundi 4 Janvier 2016
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« Je ne traite plus avec des grossistes qui ont des registres de commerce fictifs qui ne sont pas à leur nom. On connaît tous nos clients et on peut savoir qui utilise un registre fictif établi avec l’identité d’une autre personne ». Depuis le début de l’année, le secteur de la vente d’alcool est contraint de revoir ses méthodes de travail, à l’image de ce grossiste de la wilaya d’Alger qui a préféré garder l’anonymat.
La cause ? Des opérations des services de sécurité menées depuis décembre. À bord de véhicules banalisés, des gendarmes ont filé des camions transportant de la bière sortant de la brasserie Tango. Leur mission : vérifier la situation des grossistes destinataires de la marchandise et identifier ceux parmi eux qui recourent à des registres de commerces fictifs. Les camions sont suivis jusqu’à leur destination finale. Les gendarmes procèdent alors aux contrôles. « Ceux qui n’avaient pas leurs registres en règle se sont vus saisir leurs marchandises et leurs dossiers transmis à la justice », explique une source proche du dossier.
Mais pas seulement : Tango a été averti. Le brasseur est désormais responsable de la vérification des documents présentés par les acheteurs. L’opération a produit de l’effet. Selon des sources proches du secteur, beaucoup de grossistes « exigent désormais des papiers en règle, à savoir un registre de commerce au nom du propriétaire. Sinon, ils refusent de vendre. Ils préfèrent perdre du chiffre d’affaires que de se retrouver en prison », expliquent-ils. « Les prix vont augmenter pour répercuter la TVA et la TAP mais le marché va s’équilibrer rapidement », estime un acteur du secteur.
« Ce système de contrôle existe depuis longtemps mais il a été accentué depuis décembre. On suit des camions pour voir si la marchandise figurant sur la facture sera bien remise au client concerné », confirme Ali Hamani, président de l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab), qui espère voir ce contrôle élargi pour s’exercer sur tous les produits. Cela devrait remettre de l’ordre dans le secteur, veut croire M. Hamani.
Cet « assainissement » est revendiqué depuis 2010 par l’Apab. « Nous avions dit à l’époque qu’il était grand temps que les responsables du Centre national du registre de commerce et les services des impôts à travers les wilayas fassent un état des lieux », assure-il. Ce travail n’a jamais été effectué, selon lui. « « Pourtant, c’est quelque chose de simple et de banale qui permet d’apporter beaucoup à l’économie nationale », regrette notre interlocuteur.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hadjer Guenanfa

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